WATANABE

Mikio WATANABE est né en 1954 au Japon. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les techniques singulières, les rituels qui se transmettent de maître à élève, les secrets qui ne se livrent qu’après plusieurs années de combat. De mon enfance à Yokohama et de mon adolescence à Tokyo, je ne retiendrai que quelques épisodes bien précis : l’odeur des copeaux dans l’atelier de mon père, artisan-menuisier, le ciselé des contours, l’exactitude du geste qui mène de l’entaille à l’empreinte. » Ce goût pour le travail manuel et les outils n’exclut pas celui pour la peinture occidentale à l’huile (Véronèse, Vermeer, Velasquez) et les clairs obscurs. Mais il perçoit le moule des Beaux-Arts japonais comme un frein à la création. Diplôme d’arts plastiques en poche, à 22 ans, il part.

Son long voyage fait étape en France. Il s’y sent bien et en 1979 s’y installe pour peindre. Il découvre et apprend la gravure. La technique fastidieuse et très délicate de la manière noire, dont il apprécie la douceur, va faire sa réputation. Ce procédé extrêmement difficile exige de graver intégralement la plaque de cuivre pour obtenir le fond uniformément noir de l’image. Il faut ensuite écraser méticuleusement certaines des zones gravées, afin de faire apparaître des gris et des blancs. En procédant ainsi, l’artiste suscite la lumière, laquelle viendra modeler le corps, le sculpter presque. Là où le burin et l’eau-forte produisent un trait tranchant et précis, la manière noire confère à l’image une trame soyeuse. Le grain si particulier de cette technique associé à celui du papier qui reçoit l’encre à l’impression donne à ses oeuvres un rendu photographique.

« Je ne représente pas les visages pour éviter toute narration : ce sont les lignes, les formes qui m’intéressent et qui priment sur la représentation du corps. » Loin des carcans publicitaires occidentaux, l’esthétique pleine d’une pudeur de ces nus féminins se conçoit comme une élévation au sens de la philosophie bouddhiste. A cette ode à la femme s’est ajoutée progressivement une célébration de la faune et de la flore, colorée, précise et poétique.

L’artiste vit et travaille en Bretagne et à Paris. Ses oeuvres, qui ont reçu de nombreux prix, ont fait l’objet depuis 1983 de plus de 120 expositions personnelles, au Japon, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Espagne, en France, en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis. Outre la Bibliothèque Nationale de France, elles sont présentes dans des collections muséales en Bulgarie, Espagne, France, Etats-Unis, Malaisie et Russie.