CABARET

Didier CABARET, qui aime manier humour et dérision, se qualifie lui-même de « peintre mondialement inconnu ». Ce jugement est discutable puisqu’un collectionneur inspiré n’a pas hésité à placer l’un de ses tableaux entre une oeuvre de GIACOMETTI et une autre de Frida KHALO. C’est dire si le succès que les visiteurs de la Galerie Maznel lui réservent fidèlement est justifié.

L’artiste est né à Paris en 1956. Il vit dans son atelier à Montmartre, sous la surveillance d’un chat roux, se passionne pour l’art, les vieux scooters et l’île de Ré.

Son premier métier a été illustrateur, remarqué notamment comme dessinateur officiel des personnages de « Bonne nuit les petits » imaginés par Claude Laydu. Il s’est ensuite consacré à la peinture, abordée en autodidacte.

Après l’huile il privilégie actuellement l’acrylique pour son maniement plus souple et plus rapide ; pour autant, expliquant qu’il est un « être compliqué », il constate mettre maintenant beaucoup plus de temps à réaliser un tableau qu’auparavant. Il sait également se montrer particulièrement critique à son égard, et décider de détruire sans pitié une oeuvre qui ne le satisfait plus, sans tenir compte de l’appréciation de ses admirateurs. Ses tableaux sont réalisés sur carton ; ce type de support, qui donne à ses oeuvres un velouté unique, a souvent eu la faveur des artistes (DEGAS, TOULOUSE LAUTREC, MUNCH ou PICASSO par exemple).

Grand portraitiste, Didier CABARET fait éclater avec une remarquable économie de moyens la psychologie profonde de ses personnages. Les formes peuvent rappeler EL GRECO ou MODIGLIANI, les contours sont soulignés par un trait bien défini : l’expérience de l’illustration garde une influence sensible. Ses oeuvres portent des couleurs sombres – dont la palette la plus récente tente de s’élargir -, une sensualité latente et une ambiance ambigüe.

Il aime les femmes, dont il ressent et dit le mal-être, et peint des marins, pour leur quête de l’ailleurs et leur volonté de partir parce qu’ils sont insatisfaits. Ses héros ne sont pas tristes mais mélancoliques et profondément seuls.

Ses tableaux ne s’adressent pas à une clientèle conventionnelle, mais émettent un message ou cherchent à établir un dialogue : « si quelqu’un n’y voit qu’un grand nez, qu’il passe son chemin » assène cet artiste fasciné par le travail de SCHIELE sur les mains et les corps osseux.