KELLER

Le style de Florence KELLER est très spécifique : univers de ports, de bateaux et de ponts, proximité visuelle avec l’architecture, couleurs bien cadrées et beaucoup de blanc permettent de la reconnaître sans hésitation.

La mer est pourtant assez loin du Loiret, où elle vit actuellement. Mais depuis sa naissance en 1954 cette franco-suisse a vécu en Suisse, en France, en Belgique, aux Etats Unis, au Canada et en Grèce. Ne cherchez pas plus loin la source de son inspiration. Beaux Arts d’Anvers, d’Athènes et de Castres complètent cette ouverture internationale.

La passion pour l’architecture lui vient de son grand père. Quant au heurt des couleurs franches il faut y lire une référence à Mondrian. Enfin le blanc, c’est-à-dire le vide sur la toile, il s’agit de la respiration prônée dans la peinture chinoise.

Et pour compléter ce chapitre des influences assumées, la danse classique, l’art dramatique, le Bauhaus, qu’elle qualifie de « lieu de tous les possibles », le photographe et peintre Laslo MOHOLY-NAGY, le yoga et l’art cinétique.

Pour Florence KELLER le dessin est une surface à peindre, à poser de la matière, de la couleur. Ses oeuvres suivent un cheminement très construit. Leur point de départ est un dessin détaillé sur la toile, au crayon et au rotring, le stylo technique des architectes. La composition est précise, mixant l’exploitation des plans géométriques, des lignes et des couleurs : sa force sera la signature de l’oeuvre.

En utilisant une encre très fine et fluide l’artiste pose d’abord ses noirs et réserve les surfaces qui seront blanches ou très claires. Elle va ensuite osciller constamment entre opacité des aplats de couleur acrylique et transparence des lavis, luminosité des couleurs pures, gammes de gris colorés, lignes graphiques très nettes et brumes vaporeuses, matières texturées au couteau ou à la grille, éléments aqueux, encres qui se délitent vers l’infini à travers le pastel gras. De ce travail complexe, très lent, naissent des paysages et des villes qui superposent les échelles entre le microcosme et l’espace.

Florence Keller expose en France, Suisse, Belgique, États-Unis, Canada, Grèce