LE NAN

La Sèvre coule tout près de l’atelier d’Olivier LE NAN. Les méandres qu’elle décrit, dans les faubourgs de Niort, forment un réseau sinueux aux portes du marais Poitevin, empreint à la fois de douceur et de mystère. La même ambiance habite ses toiles. Des personnages aux contours nébuleux y déambulent en solitaire ou en groupe, dans des paysages incertains. Apesanteur, fluidité, brume, ronde légère tourbillonnante ou fuite-hésitation sans repère géographique ou temporel : à chacun de bâtir son histoire. « J’aime la suggestion, quand tout n’est pas donné, je n’aime pas imposer les choses ». « Je ne suis pas dans la narration, disons que c’est la force unique d’une image qui m’intéresse, pas le récit ».

Les oeuvres sont lancées directement sur la toile, sans esquisse préparatoire. « Je pars du jus, du fond, je ne sais pas où mes personnages vont apparaître. C’est mon chaos apprivoisé. En peignant, il y a cette envie, on court derrière quelque chose, une sensation indicible et l’exaltation est là quand on a l’impression de trouver quelque chose ».

Ses huiles donnent souvent un poids particulier aux rouges. Ils palpitent sur la toile et y apportent le souffle, la vie mais aussi un sentiment de fragilité. Dans cet univers qui peut être chargé de mélancolie, Olivier LE NAN reconnaît le souvenir de son enfance bretonne, la vibration de la harpe celtique dont il joue, et l’influence d’auteurs américains comme Jim HARRISON, l’écrivain des grands espaces ruraux.

L’artiste est né en 1969. Il est diplômé en arts plastiques des Beaux Arts de Bordeaux. Ses oeuvres ont été exposées en galerie dans l’ouest de la France, à Paris et à Sydney.