PIARD

Surnommé le « Raphaël des Fleurs », Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) eut un succès si considérable que ses oeuvres furent imitées dans le monde entier. Les aquarelles qu’il réalisait pour l’impératrice Joséphine étaient réputées pour le caractère extrêmement scientifique de ses dessins, présentés récemment au Musée de la Vie Romantique à Paris.

Même si les oeuvres de Patricia PIARD n’ont pas encore atteint cette célébrité, le parallèle est tentant. « Peintre officiel des fruits, légumes et fleurs de son jardin », elle conduit d’un pinceau minutieux son enquête sur la vie intime des végétaux. A l’image de son illustre prédécesseur, elle avoue ne pas savoir s’éloigner de la précision de la flore.
Mais elle l’oriente par une interprétation qui dépasse la sécheresse descriptive de la planche botanique. « J’aime quand le végétal a déjà vécu et qu’il prend des teintes plus subtiles, moins éclatantes. J’essaie de m’en faire une histoire personnelle, retracer des sensibilités intimes. Il ne s’agit nullement de natures mortes mais de représentations des végétaux à un moment de leur vie ». Elle ne se dit pas botaniste, juste simple traductrice des émotions de la nature.
Elle privilégie souvent les premiers signes de la maturité dépassée. « Ma sympathie va à cet ultime épanouissement avant la défloraison, aux fleurs du pommier qui perdent un à un leurs pétales pour laisser percer le fruit ». Si le trait incisif cerne les contours avec une précision de botaniste, l’artiste traduit le devenir suggéré et le non-dit dans la subtilité des couleurs.

Patricia PIARD est née en 1964. Son cheminement vers l’art et le graphisme, mission de l’Ecole Estienne à Paris dont elle est diplômée, a été lent, suivant des méandres entre l’édition et la petite enfance. Aujourd’hui encore elle se plaît à animer des ateliers d’arts plastiques pour les enfants dans le village où elle vit près des Baux-de-Provence.

L’apprentissage de la calligraphie chinoise lui a fait découvrir le papier de riz, l’encre de Chine et c’est tout naturellement que l’origami s’est tracé un chemin dans son univers d’aquarelliste. En mêlant les deux techniques, elle a adopté une nouvelle forme d’expression plus abstraite, où le lâcher prise prend une place toute particulière. Les traits calligraphiques viennent se superposer aux pigments et à l’eau dans des atmosphères colorées. Puis commence l’origami. D’abord la coupe où elle déstructure ses peintures laissant la part belle au hasard.