TERRA

« Pourquoi la sensibilité serait-elle l’apanage des femmes ? » s’étonne Béatrice TERRA. L’homme au sens masculin du terme est son sujet de prédilection car il l’émeut par sa sensibilité. Ce n’est certainement pas l’homme triomphant, le machiste viril dominateur : c’est l’homme fragile, avec ses contradictions, ses hésitations, ses ridicules, ses timidités.

En accumulant les titres de ses oeuvres pour concentrer cet univers, on pourrait dire que « Les marcels » « Ca vole pas haut » et que « La photo de famille » et le « Portrait à la cravate bleue » sentent « La p’tite brasserie ». « Viens me le dire en face » fanfaronne-t-il sans oser avouer pour autant « Tout l’amour que j’ai pour toi » : « Suis encore tombé sur un nid »… Ne vous moquez pas trop Mesdames, voyez plutôt le tableau « Belles de l’intérieur » !

Mais ce trait au graphite ou au pastel à l’huile n’est pas assassin. De cette palette sobre sourd l’émotion. Et l’on est finalement profondément touché par ces personnages vacillants, qui oscillent ou tâtonnent, silhouettes déroutantes et tragicomiques. C’est une peinture très expressive, où la vie affleure avec humour, authentique, gribouillée et humble.

L’artiste n’a jamais de modèle. Elle puise son inspiration au hasard de l’ambiance d’un lieu, d’une scène, de l’attitude d’un personnage, de l’expression d’un visage ou de la profondeur d’un regard perdu. Elle se souvient de sa perception fugace et se laisse guider. Ses gros pinceaux de bâtiment, très chargés en acrylique, caressent les personnages avec beaucoup de tendresse. Elle les couvre et les recouvre. Sous les grattages et au milieu des déchirures, issu d’un geste nerveux, rapide et large, le personnage émerge.

Béatrice TERRA est née en 1972. Elle vit et travaille à Montbrison dans la Loire. Faute de pouvoir s’inscrire aux Beaux-Arts, elle entame une carrière de communication publicitaire, tout peignant en autodidacte. Mais en 2002, elle s’installe dans le sud de la France où elle commence à donner des cours d’expression plastique. En parallèle, elle multiplie les expositions et en 2007 elle retourne dans la région stéphanoise et ouvre son atelier. Ses oeuvres ont été exposées en France, en Belgique, au Canada, en Espagne et à Monaco.