LAGARDE

Les compositions de Michel LAGARDE, les « dramagraphies », rassemblent tout ce que cet artiste, né en 1954, a pu aborder : peinture, dessin, comédie, décor. Y voir une simple photographie n’est tout simplement pas possible.

Le décor se compose progressivement en accumulant les jours de travail avec de nombreuses études de maquettes réelles. L’artiste aime l’architecture, la fin du 19ème siècle, l’époque du Grand Palais, de la Tour Eiffel, de l’architecture du fer, Chaplin et Buster Keaton, les objets qui ont vécu et pour lesquels il se transforme chaque week-end en chineur insatiable. Pour Michel LAGARDE, qui a appris son métier de décorateur dans une troupe de théâtre où il est resté dix ans, le décor n’est pas de la décoration mais un personnage en soi, qui raconte une histoire et va amplifier celle du personnage. Comme dans une peinture, chaque objet apparaît parfaitement net : cette netteté à l’infini suppose que chaque élément, notamment les plus petits, soient saisis plusieurs fois, avec des profondeurs de champ différentes. Le nombre de clichés pour une image est ainsi de 300 à 400. Intervient ensuite la phase où le personnage est intégré dans le décor fini. Acteur unique : Michel LAGARDE, qui n’a pas trouvé de comédien plus malléable et plus compréhensif par rapport à ses exigences innombrables. Dernier point, l’éclairage. L’image est enfin prête ; et chacune est un film à elle seule.

L’oeuvre « Les Baigneurs » a été sélectionnée pour la finale des Sony World Photography Awards 2013. Parmi plus de 122 000 photographies provenant de 170 pays, les juges de la 5e édition de la compétition ont choisi le travail de cinq photographes français, dont Michel LAGARDE.

Michel LAGARDE a publié en 2011 « Dramagraphies », un grand livre superbe et loufoque édité chez Ankama Editions. Tirages argentiques à 15 exemplaires tous formats confondus.