LEVIGOUREUX O.

« Un des traits qui caractérise Odile LEVIGOUREUX, née en 1945, est la transgression des genres, la diversité de ses appétits pour un nombre considérablement varié de matériaux, de techniques, de media. Idem de l’articulation entre le domaine religieux et celui du profane ».

Jeune diplômée dans la section vitrail de l’Ecole Supérieure des Métiers d’Art de Paris, elle commence à travailler dans les ateliers de plusieurs maitres-verriers. Elle s’en éloigne en 1975 pour se tourner vers l’art textile. Elle obtient le prix de la Jeune Tapisserie pour ses oeuvres monumentales monochromes, puis explore jusqu’en 1990 le monde du feutre et ses couleurs. L’influence de l’Extrême-Orient l’oriente alors vers le végétal, et elle élabore tant des oeuvres murales en végétaux ligaturés que des objets en végétal métamorphosé en papier. C’est dans le prolongement que naissent ses premières bibliothèques-retables, aux innombrables tablettes de bois peintes et gravées.

Parallèlement sa passion pour Bach l’amène dès 1985 à apprendre l’orgue. Cette prédilection préfigure les oeuvres actuelles que nous exposons, marquées par une forte composante musicale et baroque.

C’est ainsi qu’en 2002 elle crée en terre les premiers visages regroupés en choeurs, les « Choreutes ». Ce sont ensuite les divers bas-reliefs dorés de sensibilité baroque, parsemés d’anges qui apparaissent au sein d’un labyrinthe végétal. Enfin « Tenebrae », l’oeuvre la plus récente, met en procession une longue litanie de nombreux personnages blancs en plâtre et en terre : ils célèbrent le cycle de la nature, « qui passe de la matière, végétaux, argile, bois, à l’esprit, avec les anges et leur musique silencieuse, proche de la spiritualité et de l’inspiration de la musique baroque ».

Odile LEVIGOUREUX a participé à une foule de manifestations en France et à l’étranger. On peut citer en 2013 les importantes expositions du musée Bossuet de Meaux, de la Maison de la Nonciature à Bruxelles, et du Keramik Museum à Höhr- Grenzhausen en Allemagne.