TAKLANTI

Sous les frondaisons paisibles de la vallée de Chevreuse, en Ile de France, Marie TAKLANTI, crée un monde hors du temps. Un travail original, qui fait référence au mouvement, au dessin, à la calligraphie et au baroque.

L’homme constitue la figure essentielle de son expression artistique.
Chez elle, “les corps font corps”. Pris entre l’attention du groupe et le besoin de s’en extraire, ils sont en quête d’eux-mêmes. Avec des silhouettes anonymes, désorientées, cherchant la libération des liens, ils semblent poser sans fin, au fil des séries de dessins, la question de la liberté individuelle. Des âmes égarées en apesanteur à la limite du vacillement, en prise d’un mouvement continuel, mouvement ascensionnel ou chute vertigineuse, entre espoir et doute. “Les personnes que je dessine sont en relation, mais aspirent à une forme d’élévation, d’évasion qui semble inatteignable.”

“Ma démarche exprime la quête d’individualisme de l’homme et son besoin incessant de se regrouper, depuis toujours autour de mythes, de croyances et de territoires, et aujourd’hui par la création de nouvelles communautés intentionnelles, hippes des années 70, écolos ou alternatifs actuels.”

“Je cherche à former un seul ensemble par un geste rapide, le plus fluide possible. Une ligne ininterrompue décrit d’innombrables arabesques comme un fil mystérieux qui relie les êtres par une attache secrète ; la représentation des individus s’efface au profit de l’expression d’un mouvement qu’ils ne maîtrisent pas.”

L’encre au pinceau japonais sur papier thaïlandais trahit une fascination pour la calligraphie du dessin, effectué à main levée : “Le médium est pour moi aussi important que la chose représentée. C’est à la fois ce qui a été vu et une écriture propre.”

La ligne de mouvement au lavis n’est là que pour accentuer le rythme. Elle contribue à l’ambiance globale, au ton baroque plus tourmenté que flamboyant, empreint tout à la fois d’intensité et de sobriété.

Marie TAKLANTI est née en 1956. Diplômée de l’Ecole des Arts Appliqués Olivier de Serres, d’une maîtrise et d’un DEA en Arts Plastiques, elle a écrit et illustré des livres pour la jeunesse (Bordas, Bayard presse, l’Ecole des loisirs).

Elle a exposé dans de nombreux salons et des galeries en France.

SCHMIDT

François SCHMIDT « Je dessine lentement, avec délice. Je dessine avec un désir de précision presque maniaque. Je trace les choses qu’il y a derrière les choses. Je m’use les yeux à additionner les détails. Le fouillis c’est la vie. (…) Mon trait est celui d’un graveur refoulé qui, par paresse, a choisi le papier plutôt que la feuille de métal. Pas ou peu de dessin préalable : je construis mon image de bas en haut et de gauche à droite, trait après trait. En vérité, c’est le dessin qui se construit sous ma main. Il s’impose, prend sa place peu à peu. »

François SCHMIDT est né en 1957. Adolescence traversée par le théâtre et la musique, puis Beaux-arts de Reims dans un atelier de gravure. Quelques dessins, quelques éditions et la première « vraie » exposition en 1989. S’enchaînent affiches, livres illustrés, dessins d’humeur et d’actualité pour la télévision, et deux à trois exposition annuelles en France et à l’étranger.

L’Opéra de Reims a exposé fin 2016 des dessins à l’encre de François SCHMIDT consacrés à l’art lyrique. Les oeuvres présentées par la Galerie Maznel prolongent ce duo.

  • Billy Bud (BRITTEN 1951) : jeune matelot de valeur embarqué de force sur un navire de guerre, Billy Bud, sujet au bégaiement, ne parvient pas à se défendre d’accusations fausses de mutinerie,
  • Falstaff (VERDI 1893) : trois femmes déjouent les pièges d’un coureur de jupons, et l’entraînent dans une mascarade, affublé de cornes de cerf,
  • La Flûte Enchantée (MOZART 1791) : le prince avec sa flûte enchantée, et l’oiseleur Papageno avec son carillon magique finiront par délivrer la fille de la Reine de la Nuit,
  • La Somnambule (BELLINI 1831) : un fiancé se croit trahi par sa belle jusqu’au moment où il l’aperçoit marchant en état de somnambulisme sur la corniche du toit de la maison,
  • Nabucco (VERDI 1842) : la prophétie du roi des rois proclamée dans les jardins suspendus de Babylone,
  • Pierrot Lunaire (SCHÖNBERG 1912) : fantasmes, cauchemars et nostalgie de Pierrot, enivré par la lune.
    Le vin que l’on boit par les yeux
    A flots verts de la Lune coule,
    Et submerge comme une houle
    Les horizons silencieux.

RAHBAN

Notre première rencontre avec un tableau de Juliette RAHBAN a été un hasard, au milieu d’oeuvres d’innombrables artistes. Et le choc a été fort, tant à cause du talent hors du commun qu’il témoignait que du sujet traité avec une maturité critique affirmée. Après une recherche approfondie de ses autres créations, nous nous sommes convaincus qu’il fallait rencontrer l’artiste, dont nous ne savions rien. Ce fut un second choc : nous imaginions une femme qui avait engrangé les enseignements d’une vie déjà bien entamée ; nous avons vu arriver une toute jeune femme s’inspirant crânement du look punk.

Juliette RAHBAN est née en 1991. Son bac littéraire avec mention en poche, avec un 20/20 à l’oral en arts plastiques, elle intègre l’École de l’Image d’Épinal, où elle terminera brillamment ses études. C’est là qu’elle est incitée à coucher sur le papier ce qu’elle porte en elle : mission accomplie ! « La première idée que j’ai eue était d’exprimer une féminité qui choque le spectateur, le bouscule dans ses idées. Une féminité violente comme cette notion l’était pour moi : je voulais peut-être essayer de me libérer d’une sorte de rancoeur que cette notion de féminité m’inspirait.

Le dessin m’est venu tout de suite. Un mélange femme et végétal, une femme dénudée, mais d’une façon inhabituelle. Pas « belle », pas attirante, pas désirable. Plus que dénudée, dépecée. Aux formes déformées. Pour essayer de capturer l’essence de la féminité. Le pire est que cette petite femme dont je venais de peindre les contours, je commençais à m’y attacher. Cette femme ne serait pas une plaie ouverte, ce serait surtout une part d’alchimie végétale / humaine – comme les Arbrorigènes de Pignon-Ernest ou le Sentier de Charme de Penone -, de poésie, de force de vie. Ces branches sont celles qui poussent, qui naissent.

Tout en gardant ses douleurs qui font partie d’elle-même : elle saigne encore entre ses jambes. Elle garde un collier revendicateur : il ne faut pas souffrir pour être belle. »

Dessins sur papier, dessins sur bois, gravures. Le prix du Salon d’Automne à Artcité 2016 a été décerné à Juliette RAHBAN pour l’oeuvre « Ma fille, sois femme » exposée à la galerie.

PLESSY

Valentine PLESSY est née en 1978 à Strasbourg où elle vit et travaille.

Elle a gardé de son enfance le goût des hautes herbes, des arbres et le plaisir de collectionner dans son herbier les découvertes de la nature. L’histoire de l’art s’est ajoutée à cette passion, s’appuyant sur l’influence des peintures pariétales, de la stylisation de l’ancienne Egypte, des estampes élégantes de l’ukiyo-e, des lumières de Monet et des couleurs de Rothko.

C’est pourquoi elle a conjugué art et nature en devenant artiste naturaliste. Son parcours autodidacte s’est bâti autour d’explorations techniques et artistiques, au côté d’ornithologues, de rédacteurs de magazine, de graphistes et d’associations de passionnés.

Son mode d’expression, le dessin, s’appuie sur un travail d’observation in situ, pour capter la force sauvage de ses sujets, au Japon, au Costa Rica, aux Etats Unis, dans les Iles Frisonnes ou en France.

Valentine PLESSY a notamment réalisé de nombreux travaux d’illustration pour la revue Terre Sauvage, pour plusieurs Parcs Naturels régionaux et pour l’Aves, association belge d’étude et de protection de la faune sauvage.

Ses pastels animaliers illustrent à la fois la précision scientifique de son dessin et l’art avec lequel elle sait donner à ses sujets leur personnalité spécifique. Ce talent avait particulièrement séduit les visiteurs de la galerie lors de sa précédente exposition.