BELGARY

Mapie BELGARY est née dans une famille d’artistes et d’artisans, terreau fertile pour l’inciter à emprunter les chemins de l’école Boulle. S’appuyant sur un parcours technique de plus en plus large, elle se qualifie aujourd’hui de sculpteur, ciseleur sur bronze.

Forte de sa formation en monture en bronze, en ciselure et en tournure, elle travaille le métal en feuille, le repousse et le cisèle avec ses ciselets.

Après avoir réalisé des modèles de fonte et des prototypes pour des architectes et des concepteurs, elle se consacre désormais entièrement à la création de ses propres pièces. C’est à cet effet qu’elle fait appel à des matériaux de plus en plus divers : les œuvres en laiton ciselé vont progressivement servir de matrice au coulage de poudre de marbre, de verre, de porcelaine.

Ses recherches actuelles la conduisent à réaliser des oeuvres en papier estampé. La pâte de velin de pur coton est coulée dans une forme puis couchée sur un feutre ; elle est ensuite pressée sous une presse hydraulique, conservant l’épaisseur de bas-reliefs initialement fait en bronze ciselé, et leur sobriété raffinée.

Installée en Normandie et en Ile de France, Mapie BELGARY continue ainsi à innover tout en prolongeant les gestes traditionnels de la ciselure. Inspirés du styliste Issey MIYAKE et du peintre Aurélie NEMOURS, ses graphismes s’appuient sur le rythme et la répétition de géométries simples, dont les saillies accrochent la lumière. L’artiste a été distinguée par la médaille de Bronze du Jury invité au Salon National des Beaux Arts 2019.

ROUBY

Zélie ROUBY est née en 1986. Après avoir étudié la sculpture, puis la céramique traditionnelle et pour finir le tournage, elle ouvre son atelier dès 2011. Aujourd’hui elle y travaille toujours, à Tain l’Ermitage, dans la Drôme..

En dépit de son jeune âge, ses créations ont rapidement été saluées par de nombreux prix. En 2011 elle a reçu avec 5 autres céramistes le Prix pour l’intelligence de la main de la Fondation Bettencourt Schueller. En 2014 c’est le Prix artiste de moins de 35 ans qui lui est décerné par la ville de Vallauris. La même année elle est lauréate du concours Jeune talent des Ateliers d’Art de France. En 2015, elle est distinguée par le Quentin d’Or du concours de la Jeune céramique européenne de Saint Quentin la Poterie.

Parallèlement ses oeuvres, qui ont eu l’honneur du Musée de la céramique de Sèvres et du Grand Hornu en Belgique, ont fait l’objet d’acquisitions par plusieurs musées français.

Enfin elle participe à des manifestations renommées, aux Etats Unis et en France, la dernière fin 2019 au centre emblématique de La Borne.

Beau palmarès qui contraste, comme bien souvent en matière de poterie, avec la modestie de la créatrice, discrètement localisée dans un garage transformé en atelier, dans une petite rue proche du Rhône. C’est là qu’elle tourne et donne vie à des pieces en grès chamotté. La technique du colombin lui permet d’élaborer des oeuvres de grande taille, et le travail de la forme, de la matière et de la couleur réussit à animer cette matière minérale.

Après avoir inventé des natures mortes aux teintes d’ombre, elle privilégie actuellement des engobes qui confèrent une présence éclatante à des formes qu’on qualifierait d’organiques. Sous cette appellation un peu conceptuelle c’est un style inspiré de la nature, souple, courbe, sinueux qui célèbre la jeunesse et le jeu. Avec ses couleurs tendres et son absence de rigidité il tourne le dos au design rationaliste du Bauhaus.

Et le contraste des matières, entre extérieur lisse et intérieur fortement grainé, renforce la personnalité de ce travail quasiment pictural.

GILLOEN

Née en 1971, Anne-Sophie GILLOEN vit dans le nord de la France près de la frontière belge. Son atelier occupe une ancienne petite ferme perdue dans la campagne flamande piquée d’arbres ; un chat acrobate y circule avec une désinvolture étonnante entre des personnages en grès, ancrés au sol par leur  généreuse corpulence.

Le travail de la « terre » a toujours fait partie de sa vie : dès son enfance, entre elle et la terre s’est nouée une relation à la fois tendre et tendue. Elle aime l’argile, son contact, son odeur, sa souplesse mais aussi ses exigences.

Son parcours a progressivement évolué de l’action culturelle, avec un épisode  marionnettes, à la sculpture, laissant à l’autodidacte le temps de se former, encore maintenant, auprès d’innombrables potiers.  Elle expose régulièrement en galeries, participe à des marchés, salons et festivals de céramique, en France, en Belgique, aux Etats Unis, aux Pays-Bas.

“L’argile est très vite devenue pour moi un moyen de raconter. J’aime les histoires, les histoires contées, les histoires jouées, les histoires dessinées. Immédiatement elles suscitent en moi des images et des sensations elles-mêmes nourries par mon imagination. Ainsi l’expression figurative s’est-elle imposée au fil de mes créations.

La lenteur du modelage aux colombins, les formes rondes et douces qui s’en dégagent, les textures du grès, les couleurs pastel et mates de l’engobe sont autant d’atouts pour suggérer et donner à celui qui regarde les débuts de son histoire. C’est pour ça que j’aime les personnages modelés, pour leur capacité à raconter sans mots et parfois à nous submerger d’émotions. Ils rappellent qu’il faut parfois raconter et s’écouter pour mieux goûter la vie.”

Dans la vraie vie “les êtres un peu bizarres dans leurs postures, dans leurs corps se révèlent souvent d’une extraordinaire gentillesse. Et leurs anomalies physiques disent beaucoup de choses : leurs défauts, s’ils sont bien regardés, peuvent être magnifiés et devenir beaux”. Anne-Sophie GILLOEN observe les petites choses de la vie en léger décalé. C’est dans ce décalage que la poésie peut naître.

GALBIATI

Au pied des Dolomites, dans le Tyrol italien, la tradition du travail du bois se perpétue depuis le XVIe siècle. C’est là que Davide GALBIATI, né en 1976 près de Milan, s’est formé pendant 4 ans à la sculpture et a absorbé les références de grands maîtres, Medardo ROSSO, Giacomo MANZU, Henry MOORE, Alberto GIACOMETTI.

Mais c’est en lui-même que l’artiste a trouvé la grammaire de son œuvre : le désir de révéler l’énergie sacrée présente en chaque être.

En sculptant le bois Davide GALBIATI se nourrit de l’espace imaginaire de l’arbre. 
Il cherche dans sa forme les figures qui l’habitent : la colonne, le chapiteau, l’homme debout. Il sculpte le parfum de l’arbre équarri, encore vivant, il retrouve le souvenir de ses racines, de ses ramifications et de ses fruits. Avec les ciseaux et les gouges il affronte sa forme ronde et verticale. Et il joue du feu pour souligner les rides du bois.


Par rapport à la noblesse du bois, le choix du béton est une démarche plus contemporaine. Il perturbe les collectionneurs, intrigués par ces sculptures dont ils n’identifient pas immédiatement la nature, cachée par des patines bleues ou noires.

Le béton a séduit le sculpteur par sa texture, par la gestuelle du modelage où il retrouve la fraîcheur de l’argile, par ses surfaces lisses et ses porosités aléatoires. Mais Davide GALBIATI aime par-dessus-tout la neutralité de ce matériau humble.
« C’est tout l’opposé du bois qui est un matériau très vivant. Le béton est en attente d’une âme, c’est un sanctuaire qu’on peut charger. Il suit la volonté de l’artiste.»

Métamorphoser le gris béton en noble pierre : tout se joue dans le mélange complexe des matières, les proportions, la température, l’hydratation, le temps de prise. Y parvenir en lui donnant forme d’âme, c’est civiliser cette matière érigée en tours qui ont remplacé arbres et forêts.

Epoques, cultures, religions et légendes donnent de multiples clés pour interpréter les attitudes des personnages. Les plastiques hiératiques font écho à l’égypte et à la grèce antiques. Les visages sereins coiffés d’auréoles, les grandes aubes, les mains faisant le geste liturgique de l’offrande évoquent les fresques de Giotto. Prière, crainte, attention, contemplation, pensée, abandon, leur méditation témoigne d’une spiritualité mystique. 

Davide GALBIATI habite dans le sud de la France, dans le Vaucluse.

Prix Puvis de Chavannes Salon des Beaux Arts Paris 2016, prix Saturarte Genova 2009, prix Contemporary Art Novara 2008, prix Premio Arte Mondadori Milano 2007.

Ses oeuvres ont été exposées en Angleterre, en Belgique, en France et en Italie. Une grande Naiade, créée pour le 1er musée subaquatique de France, sera immergée courant 2020 dans l’anse des Catalans à Marseille.

CHAUVET

Regarder Corinne CHAUVET façonner une sculpture est un spectacle déroutant : les premières étapes du modelage semblent se contenter d’une ébauche d’un corps manifestement un peu pataud. Une phase de doute, jusqu’au moment où quelques gestes habiles viennent apporter au visage une physionomie beaucoup plus précise et où, brutalement, l’artiste fait éclore le sourire qui éclaire ses personnages : la terre a soudain pris vie sous vos yeux.

Les sculptures sont faites de terre noire ou rose cuite à moins de 1100°, et peuvent recevoir une fois cuites un engobe du Roussillon ou des transferts de terre spécialement préparés au Japon. D’autres sont en bronze.

Corinne CHAUVET est née en 1973. Licenciée en histoire de l’art, elle a fait des études d’arts plastiques en France et en Angleterre. Elle travaille dans la région d’Albi, où elle a commencé à créer des petites œuvres en terre dès son enfance.

Bien sûr l’artiste est fascinée par l’Extrême-Orient et n’en renie pas les références. Lauréate d’Ateliers d’Art de France, elle a participé en 2016 à une résidence d’artistes au Japon, à Shigaraki, célèbre pour ses céramiques, qui l’a beaucoup inspirée. De même en Birmanie et en Thaïlande elle a été marquée par les sourires de la population. L’humilité lumineuse des moines bouddhistes l’a poussée à développer le moine comme symbole de notre recherche de joie et de sérénité.

Les oeuvres privilégient l’émotion, la sérénité, l’humour et la joie, dans des attitudes captées comme des instantanés photographiques. Le spectateur se laisse vite séduire par ces fous-rires porteurs d’optimisme.

Corinne CHAUVET a reçu de nombreux prix (Gemlucart Monaco 2016, Arts du FeuMartres-Tolosane 2014, Métiers d’Art Midi-Pyrénées 2013, Artistes Français 2017). Elle a réalisé des bustes pour le musée de la médecine à Bruxelles, et une sculpture monumentale en hommage à Bourdelle pour la ville de Montauban en novembre 2019.

AMADIEU

La légèreté et le mouvement, parfois presqu’aux limites de l’équilibre : les sculptures d’Isabelle RENARD AMADIEU affichent un style qui fait son originalité. Et s’associent naturellement à l’atmosphère zen de sa maison de Charente, où la lumière vient vibrer sur le feuillage d’un olivier. Souvent elles prennent aussi quelques repères dans l’univers de la danse.

L’artiste, née en 1955 à Paris, peint depuis son plus jeune âge. Elle a passé une partie de sa vie en Champagne, y associant la pratique de l’art dentaire à celle de l’art plastique. Progressivement elle est passée de la peinture et du dessin des modèles vivants à la sculpture, en y explorant de multiples voies.

Prolongement du dessin, son parcours de sculpteur a débuté par le modelage de nus académiques : si elle a ainsi signé de très belles oeuvres, la discipline de reproduction exacte du modèle a été ressentie comme un frein à la créativité. Elle ouvre alors largement le spectre des techniques et des matériaux et adopte une démarche de touche à tout : pierre, terre cuite, bois flotté et résine. Cette curiosité reste très actuelle et témoigne d’un univers artistique capable de se recomposer en permanence.

C’est l’utilisation du fil de fer associée à des bandes enduites qui lui permettra finalement d’élaborer les structures très fines nécessaires à ses créations. Leur réalisation en bronze, confiée à la fonderie d’art Paumelle dans la Marne, jumelle la densité identifiée à la matière et la perception aérienne des oeuvres.

Les sculptures d’Isabelle RENARD AMADIEU sont rarement présentées en galerie. Leur exposition a privilégié jusqu’ici des manifestations culturelles à Paris, dans l’est et le sud-est de la France et au Danemark.

DENIMAL

Patricia DENIMAL est née en 1952 à Calais. Elle affiche très vite des goûts artistiques. A 5 ans elle apprend le piano, et elle sort du conservatoire à 20 ans avec un prix de musique de chambre. A 12 ans elle fonde sa 1ère troupe de théâtre. Pendant ce temps elle dessine partout, façonne des figurines avec la terre du jardin, qui se délitent dans le four de la cuisinière, et sculpte des morceaux de bougie sous son pupitre en classe.

Plus tard son choix d’étudier des langues qui n’existent plus l’entraîne jusqu’à une licence de lettres classiques. Mais elle connaît ses premières vraies expériences de céramique à 21 ans. Dès lors plus question de faire autre chose dans la vie que d’avoir les mains dans la glaise.
Elle découvre le tournage en Puisaye : le plaisir du geste lui fait presque oublier pendant 15 ans qu’elle était venue pour modeler. Potière, elle s’adonne aux glaçures à base de cendres pour le grès et la porcelaine, puis au raku.

D’enthousiasmes en détours, c’est en 1990 qu’elle replonge corps et âme dans la sculpture. Ses oeuvres sont présentes en Allemagne, Belgique, Corée du Sud, Danemark, Etats-Unis, France, Grèce, Pays-Bas, et Suisse.

Elle vit aujourd’hui dans le Gard. De sa maison vrai modèle d’écologie, au milieu des chênes verts et des pins, la vue s’étend jusqu’au Mont Ventoux.

L’artiste travaille l’argile de Puisaye, en creux « à la potière », c’est-à-dire en poussant la terre de l’intérieur, ce qui permet de mieux maîtriser les physionomies.
Elle réalise également des bronzes. Le point de départ d’une sculpture est presque toujours une tête humaine, sans vision d’ensemble de la forme finale. L’expression qui en surgit inspirera le reste de l’oeuvre.
Une fois la sculpture séchée, elle est peinte avec des engobes, généralement de porcelaine, colorées d’oxydes métalliques. Une première mise au feu entre 1050° et 1150° peut être suivie d’un enfumage lors d’une 2ème cuisson ; certaines sculptures sont cuites à 1240°, ce qui leur donne la qualité du grès. A ce régime, les oeuvres vivent sans problème à l’extérieur.

« J’ai toujours quelques difficultés à me situer moi-même dans un courant artistique. Mon humeur parfois facétieuse m’inclinerait à me définir comme sculpteur néoacadémique à tendance singulière.
J’aime relier ce que l’humain a de plus intime à une représentation parfois décalée si la nécessité s’en fait sentir, imprégnée en cela de mythes dont je ne suis pas toujours consciente. Partie d’une figuration relativement symbolique, prenant ses racines dans un imaginaire nourri de l’art de civilisations éloignées de la mienne, je me suis acheminée vers une représentation d’êtres charnels qu’on croirait connaître, si ce n’est que bien souvent la chimère les rejoint et donne un sentiment d’étrangeté.
La maturité aidant, peut-être, je m’autorise à ne plus concevoir au préalable, à ne plus dessiner, à imaginer le moins possible. Je façonne mes créatures en me laissant guider par l’expression du visage qui émerge sous la pression de mes doigts.»

WEIREY

Sa maison de Seine et Marne, pleine de couleurs exubérantes, de musique et de chansons, reflète sa démarche artistique : Chantal WEIREY veut nous apporter un peu de gaité. Et, face aux questions qui tentent de l’entraîner sur le sens philosophique que porteraient ses créations, elle ne se départit pas d’une grande simplicité, et se protège derrière des arguments techniques.
Tout au plus concède-t-elle « un rapport étroit à l’enfance, et au monde naïf. Mais pas seulement naïf. Le monde un peu doux, aux formes un peu rondes, le monde maternel. »
« Je me sens toujours très proche des enfants. Peut-être que je suis encore, bien que mes enfants soient depuis longtemps des adultes, très proche de l’enfance ». Si quelques oeuvres s’apparentent manifestement au fantastique, la plupart de ses sculptures s’inscrivent en effet dans un monde très homogène, qu’elle qualifie de « cour de récréation ».

De nombreux croquis préalables, avec des dessins de face, précèdent la réalisation des sculptures en terre. Celles-ci font appel à des techniques variées, boule, colombin, plaque et estampage, souvent associées. Puis, après un temps de séchage très long et cuisson, les sculptures reçoivent émaux, engobes ou patines.
Tout au long de ce processus, le choix des formes et des couleurs privilégie l’humour et la simplicité. Naissent ainsi des personnages aux têtes rondes et plates, à michemin entre dessin en relief, silhouette de Keith HARING et emoticon de nos smartphones.

Chantal WEIREY est née en Algérie, où elle a passé son enfance. Sa passion pour le dessin la conduit à l’Académie Charpentier de Paris, où elle exécute de très nombreux fusains. Puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art, où elle se spécialise en céramique, avant de devenir la collaboratrice de Jacques BLIN. Elle crée enfin son propre atelier et se consacre parallèlement à l’enseignement du dessin.

L’artiste a participé au mouvement Figuration Critique, qui s’oppose aux diktats officiels favorisant un art conceptuel au mépris du figuratif. Elle est par ailleurs sociétaire du Salon d’Automne de Paris.

VERGER

L’apparition du rhinocéros, premier animal dans les créations de Sophie VERGER, serait un hommage à IONESCO : dans une pièce qui porte le nom de cet animal, l’écrivain transforme petit à petit tous les habitants d’une ville pour y dénoncer la montée des totalitarismes. LA FONTAINE en son temps a également joué des métaphores animales. De même Sophie VERGER met en scène des animaux et leur attribue des sentiments humains. « C’est ce qui rend mon travail intéressant. J’essaye de proposer des oeuvres humanisées qui racontent des histoires, des histoires qui parlent tout autant aux adultes qu’aux enfants, et qui permettent différents degrés de lecture selon notre approche à l’art ».

« Ce thème animalier peut fournir des voies à explorer sur les plans esthétiques, symboliques, affectifs, érotiques. Je cherche juste le point d’équilibre où l’animal existe par lui-même et me sers de ses particularités anatomiques pour évoquer une situation. Une sculpture peut en cacher une autre…

Mes premiers rhinocéros, par moment déprimés, la corne affaissée, regardent le ciel avec leur cavalière et font découvrir l’éros aux petites filles. Les défenses de l’éléphant de mer qui emprisonnent sa femelle sont une belle image du sort réservé à quelques femmes. Une trompe qui pousse ou retient un éléphanteau parle des rapports enfants – parents et les rondeurs de l’hippopotame suggèrent une vénus préhistorique. La girafe exprime les femmes aux longs cous cerclés d’anneaux, anneaux qui représentent la pression sociale exercée sur elles, mais les rendent aussi dominantes et triomphantes.
Ce sujet explicitement humain me permet par ailleurs de jouer par moment sur le registre du détournement : la girafe devient une vierge à l’enfant, représentation séculaire de la sculpture, fesse un rhinocéros en hommage à Max ERNST, arbore des cornes de magicienne à la manière des sorcières de GOYA ».

Sophie VERGER est née en 1953. Elle vit et travaille en Picardie. Sur la lancée d’une vocation artistique précoce, elle s’est formée à l’école Nissim de Camondo et aux Beaux-Arts. Elle a découvert la sculpture lors d’ateliers au Musée Bourdelle, et poursuivi dans cette voie avec les encouragements d’Etienne MARTIN.
Le prix du public en 2000 à l’exposition Sculpture et Jardin à Lille a confirmé son choix du thème animalier, pour lequel elle a acquis progressivement une notoriété européenne. Commandes de municipalités, expositions à caractère muséal (Musée Pompon, Musée de Berck, en juin 2018 La Sorbonne à Paris) et en galeries se succèdent depuis 30 ans.

« La sculpture est histoire d’amour, de sensualité, une histoire qui permet de communiquer d’inconscient à inconscient ».

SWANNE


SWANNE est née en 1978. Elle réside en Anjou.

Le portrait a été dès son enfance une passion quotidienne. Après des études d’art, elle aborde dans un premier temps le trompe-l’oeil et la peinture décorative. Puis elle se forme pendant 6 ans au modelage et à la réalisation des moules d’art. C’est en 2006 qu’elle ouvre l’atelier où vont naître ses héroïnes de céramique aux longues jambes.
Parallèlement ses réflexions sur l’enfance ont conduit SWANNE a accomplir une formation d’art-thérapeute.

Sculptures faites en argile d’Anjou, robes travaillées avec des papiers et des résines époxy auxquelles elles doivent leurs couleurs éclatantes.

L’atelier de SWANNE porte le beau nom de « Terre d’Enfance » ; il est dédié en effet à l’enfance, exclusivement. « On ne renie pas son enfance, on l’enfouit au fond de son coeur et l’ombre portée, l’ombre magique devient un symbole ». Les créations aux formes démesurées et aux expressions minutieuses disent la vigilance que requiert cet âge de la vie : non seulement en termes de devenir individuel mais aussi comme ferment d’un terroir et d’une société que l’artiste assimile à une immense cour d’école où les codes ont changé.

Les oeuvres de SWANNE sont présentées au public depuis une dizaine d’années, principalement dans l’Ouest de la France. Elles ont reçu le prix d’honneur du Salon des Arts de La Baule en 2013.

Au cours de cette quatrième exposition à la Galerie Maznel, les œuvres présentées font partie de la nouvelle collection TERRE-MÈRE. La maternité, couleur terre, est sublimée par des habits aux décors inspirés de Gustav KLIMT.