SLACK

Faut-il dissocier la carrière musicale de Paul SLACK, bassiste punk international, de sa démarche de peintre, dont les œuvres actuelles associent formes douces travaillées et couleurs pastel ? Deux expressions artistiques apparemment aux antipodes, une même sensibilité.

L’artiste britannique est né en 1957. Amoureux de la peinture, il étudie à la St Martin’s School of Art. Mais il abandonne ses études pour poursuivre une carrière dans la musique.  Il devient le bassiste du groupe mythique U.K. Subs, formation pionnière du punk rock anglais depuis 1977. Et le succès va le conduire un peu partout à travers le monde, accumulant 250 concerts par an durant une décennie. Sa chanson « Warhead », aux paroles prémonitoires, reste interprétée 40 ans plus tard : “ We’re looking at the world through a barrel of a gun. Are we ready ? “.

Paul SLACK vit aujourd’hui, entre quelques concerts à Londres et sa maison normande, au cœur du pays de Bray. “J’ai abandonné l’école pour devenir musicien. Mais mon premier amour reste probablement la peinture”, à laquelle il se consacre depuis bientôt 10 ans. 

Ses peintures ont pu refléter l’influence qu’il accepte de SOULAGES, PICASSO, ou Franz KLINE, par leur style abstrait non contraint et leur palette sombre.Les toiles les plus récentes consacrent un tournant, pris délibérément en réaction aux confinements. Comme la musique punk se voulait une protestation politique, ces nouvelles œuvres veulent bousculer le chaos de la covid, et apporter l’antidote du rythme, des couleurs et de l’harmonie.
Elles s’inscrivent dans le prolongement des peintres coloristes américains contemporains Frank STELLA et Morris LOUIS, et font de la couleur le sujet-même de l’œuvre.
Leurs titres établissent enfin une relation avec la musique, où Paul SLACK décèle une forme géométrique. “ L’art géométrique est un ensemble d’éléments qui doit fonctionner, s’imbriquer parfaitement comme dans une chanson “. 

Cette recherche d’équilibre assure le lien entre musique et peinture. BACH lui-même aurait sans doute approuvé.

JOSSE

Antoine JOSSE revendique l’influence d’Alberto GIACOMETTI et de Jean-Michel FOLON.
Les personnages filiformes qui hantent certains tableaux ou sculptures évoquent en effet l’homme qui marche du premier ; et l’ambiance à la limite du fantastique constituerait un terreau propice à l’évolution en apesanteur de bonshommes au petit chapeau du second.

Mais l’artiste privilégie le paysage, qui tient dans ses tableaux un rôle majeur. La mise en scène dépouillée y met en particulier trois éléments en vedette : l’arbre, le sillon et le ciel.
L’arbre, souvent solitaire, soutient une frondaison ample, qui assoit son caractère de repère, de protecteur ou de résistant perdu.
Le sillon profond creuse une terre qui s’étend, déserte voire désolée, à perte de vue.
Au-dessus, le ciel n’est pas limpide. Il charrie de lourds nuages. Il évoque la menace d’une tempête qui se lève, ou l’espoir incertain des fragments de ciel bleu qui laissent penser pouvoir échapper au tumulte. 

Quelle que soit la taille de l’œuvre, ces trois acteurs contribuent à un sentiment d’espace et d’isolement : il y souffle un grand air de liberté, et de destin individuel, dans un monde où chacun doit trouver sa voie ou son rêve.
Les dessins du sol alignés côte à côte, le décor strict, le jeu des perspectives, les dimensions infinies confèrent aux créations d’Antoine JOSSE une dimension de jardin zen où s’échafaude une réflexion philosophique.

Sur la base d’un croquis, l’artiste utilise la mine de plomb, quelques crayons de couleurs et des encres. Sa palette se limite au noir, au rouge, au gris, ponctuée parfois d’exceptions bleues ou vertes. Cette économie de moyens et d’effets est caractéristique de l’atmosphère de ces œuvres, réalisées sur bois enduit.

Antoine JOSSE est né en 1970. Il habite et travaille en Normandie.
Il expose depuis une vingtaine d’années, essentiellement en France mais aussi en Angleterre, en Belgique, au Chili, aux Etats Unis, au Luxembourg et en Suisse. 

DEFER

« de 2 »

Le terme « sigillée » vient du latin sigillum, qui signifie le sceau, caractéristique des poteries gallo-romaines marquées par les cachets significatifs de cette période historique. La production de ces poteries est devenue pour les archéologues la marque de reconnaissance de tout l’empire romain.
Dans la céramique contemporaine, on désigne par « terres sigillées » des pièces qui sont préalablement polies puis recouvertes avant la cuisson, selon la technique ancienne des gallo-romains, d’un engobe très délicat réalisé par décantation des particules les plus fines d’argile. C’est cet engobe qui va vitrifier à la cuisson et de ce fait rendre utilitaires les poteries sans qu’elles reçoivent de revêtement vitreux.

Ici s’arrête le parallèle gallo-romain. Les Romains visaient la production d’une vaisselle haut de gamme la plus homogène possible. Les céramistes contemporains, à la suite de Pierre BAYLE et Jean-Paul AZAÏS, donnent à cette technique ancestrale et écologique un souffle de modernité et de diversité tout autre.
Le matériau est ordinaire, une terre ramassée un peu n’importe où ; le four est très simple, généralement à bois et peu gourmand en énergie. Mais cette base modeste, associée à un façonnage particulièrement méticuleux, est sublimée grâce aux recherches sur la cuisson au bois basse température (moins de 1100°) et une gestion subtile des atmosphères de cuisson, jouant sur les contacts au cours de l’enfournement. Au prix d’un résultat toujours aléatoire, la superposition de plusieurs couches ou voiles d’argiles révèlera une variété de couleurs naturelles étonnante.
Progressivement les nouvelles œuvres sigillées, marquées d’une expertise de plus en plus avancée, se libèrent de l’influence de techniques plus codifiées, telles les craquelures du raku.

Maxime DEFER, né en 1979, a suivi un cursus d’ébéniste avant de devenir céramiste comme son père. Depuis une quinzaine d’années, il exerce dans son atelier, blotti dans la campagne au sud de la Lorraine, un art qui fait le lien entre ses passions pour les fouilles archéologiques et pour la nature.
Il intervient au musée de la Cour d’Or de Metz.
Ses créations sont présentes dans les grandes manifestations de potiers en France. 

TARTIERE

Les œuvres de Brigitte TARTIÈRE ne ressemblent à aucune autre. Elles propulsent un monde abstrait plein de poésie : calme monochrome, pointillisme multicolore ou relief gaufré, son univers paraît détourner la mosaïque ou la dentelle vers des lunes mystérieuses, des poussières d’étoiles ou des jaillissements de bulles.

Et lorsque vous résistez à leur pouvoir évocateur, vous n’avez pas pour autant décrypté leur secret basique : l’artiste perce le papier. 

Elle peut aussi attaquer la toile, la soie, le bois, le zinc ou le cuivre. Mais c’est le papier, sous de multiples formes, le papier d’Arches, qui est le mieux capable de la faire entrer « en turbulences ». C’est une bien curieuse passion : chaque feuille lui est unique, par sa texture, son épaisseur, son tonus, qui vont susciter une création. 

Brigitte TARTIÈRE détourne l’aiguille du couturier ou l’ébauchoir en buis du sculpteur pour travailler la face avant ou arrière du papier. Ainsi armée, elle pique, elle coupe, elle grave. Sous les pics répétés, la surface du papier vibre, résonne. La plasticienne écoute sans se lasser les « points-sons » frappés par milliers. Et elle compte, elle compte jusqu’au bout : 13740 piquages pour son œuvre « Murmures d’eau ». La feuille peu à peu se transforme, vêtue de stigmates. Elle se module, ondule ; de plane, elle devient presque sculpturale. 

A la lisière de Paris, l’atelier de Brigitte TARTIÈRE cache une délicieuse petite cour fleurie à l’ambiance méditerranéenne. Comme un hommage à Rabat, où elle est née en 1953, et où elle a reçu à 4 ans et demi le prix de piquage de la classe de 12ème : vocation hors norme et précoce ! 

L’artiste est diplômée de l’Ecole nationale supérieure des arts appliqués et des métiers d’art.

Ses œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et fonds d’art contemporain. Elles illustrent quelques extraordinaires livres d’artiste. Elles ont été présentées dans des expositions et salons en particulier en France, en Corée et au Japon.

KETELAERS

Ces nus masculins choqueront-ils encore ? La question peut se poser : alors que le nu féminin s’expose aussi régulièrement que naturellement, le corps masculin n’a pas eu la même faveur. Il n’est pas neutre qu’il ait fallu attendre 2012 pour qu’un musée majeur, le Leopold Museum de Vienne, ose lui consacrer une exposition, suivie en 2013 par celle du Musée d’Orsay auquel cette présentation emprunte nombre de commentaires.
Et pourtant, la nudité masculine a constitué pendant longtemps une ligne de force de la création en Occident.

Plus que tous, les artistes de l’Antiquité puis ceux de la Renaissance, influencés par le fond culturel judéo-chrétien, sont considérés comme ayant établi une synthèse idéale du corps humain, incarnant l’idéal du héros. A partir du XVIIe siècle les formations d’excellence pour la sculpture et de la peinture d’histoire ont pour finalité la maîtrise de l’exécution d’un nu masculin.
Mais le XIXe siècle érige le corps féminin en absolu et en objet d’un désir viril assumé. L’esthétique réaliste qui s’empare de l’art occidental bouleverse la représentation de la nudité masculine : l’homme dénudé paraît encore plus obscène et choquant que la femme dans la société du XIXe siècle où règne la domination masculine et où prolifèrent les figures féminines. Seul l’homme moderne à la morphologie athlétique proche de l’art gréco-romain trouve un créneau de communication politique à visée totalitaire.

Cet héritage perdure. Il n’empêche pas l’art contemporain de reprendre le flambeau de la représentation du nu masculin : les dessins de Schiele, les sexes avachis de Louise Bouegeois, le thème gay de Pierre et Gilles ou les corps surdimensionnés de Ron Mueck en apportent une illustration sereine.
Les nus masculins de Greet KETELAERS doivent se lire dans le prolongement de cette fresque. Ils trouvent une inspiration dans les spectacles de danse dont l’artiste est une spectatrice assidue. Elle y mémorise figures et positions, qui serviront de point de départ à son imaginaire.
L’œuvre décrit moins anatomiquement un corps qu’elle ne met en valeur son langage. Les mains et les pieds démesurés appuient le sens du mouvement. La facture et la couleur très sobres renforcent l’expression de la sculpture.

Greet KETELAERS est née en 1950 à Furnes, en Belgique, où elle habite et travaille toujours. Parallèlement à ses fonctions d’enseignante, elle a suivi des études supérieures de sculpture, d’histoire de l’art et de dessin.
Depuis une quinzaine d’années elle accumule de nombreux prix et distinctions.

DESVAUX

Olivier DESVAUX est un peintre de la lumière. Ses toiles irradient et portent le ressenti intime de leur auteur, en dépassant les apparences immédiates et les précisions descriptives.
Sa facture impressionniste concourt à rendre compte d’une ambiance, généralement optimiste, et met en scène l’éclat de ses couleurs.

Il voue une admiration à Monet, Corot, Millet, mais aussi Sorolla, Hopper, Sargent, Zorn ou Répine. 

Son approche est contemplative. Il prend le temps de s’approprier les paysages, les scènes urbaines, les sujets de société, les architectures. Il s’isole avec son sujet pour en capter ce qui le fascine.

Sur le vif, il peint une petite ébauche à l’huile ou à la gouache : ces repères lui serviront de guide lorsque, de retour à l’atelier, il prendra du recul pour élaborer une peinture à l’huile de plus grand format tout en retrouvant les tons précis de ses premières perceptions.

Il part toujours d’un fond coloré en fonction du sujet. Il installe ensuite très légèrement la composition avec un jus ton sur ton, avant de passer à la couleur. 

Le peintre a voyagé dans le monde avec son chevalet, Maroc, Californie, Norvège, Normandie, Andalousie… Toujours en immersion, que ce soit pendant un mois au lac Baïkal comme le raconte Sylvain TESSON dans l’un de ses livres, ou avec le ballet de l’Opera Garnier pendant une saison. Il nous livre aujourd’hui des toiles exclusives de Ault, le Hourdel et Saint-Valery-sur-Somme.

Diplômé de l’Ecole nationale supérieure des arts décoratifs de Paris, il a été nommé peintre officiel de la Marine en 2018.

Accessit de la Fondation Noufflard / Fondation de France 2012 et 2014, premier prix Paliss’art 2015, prix Maignan / Fondation Taylor 2017.

Travaux de commande pour le décorateur Jacques GARCIA, pour la médiathèque du Tréport et pour le centre multi-accueil de Grand Couronne.

Expositions multiples en France et au Japon.

Olivier DESVAUX est né en 1982. Il habite dans la campagne normande, au bord de la Seine dont les reflets changeants sont pour lui une source permanente d’inspiration.

BERTHOLON

Stéphanie BERTOLON est née en 1973.
Son intérêt pour le vitrail s’efface vite devant la découverte de l’argile. Initiée à la céramique dans l’atelier de Marie-Christine DENNIEL à Bonnieux, elle poursuit ensuite sa formation en Afrique (Mali, Burkina) puis dans différents ateliers de potiers du Vaucluse.
Depuis 2010 son atelier est installé pas loin d’Avignon, dans un petit village de la Drôme provençale.

Présentées surtout dans le sud de la France, les porcelaines de Stéphanie BERTHOLON ont été sélectionnées pour des manifestations céramiques de renommée. 

Ses créations évoquent raffinement et sérénité. Les formes tournées offrent un support simple et classique au jeu des décors. Un semis de petits motifs, de pois, de taches, de lignes brisées y porte des images universelles, entre l’infini minuscule de la vie cellulaire et l’infini immense des ciels étoilés.
La superposition des émaux s’exprime dans un camaïeu de bleus sourds et de gris discrets. Et une enluminure de fines touches d’or apporte souvent à la couverte blanc mat un éclat satiné.

Cet univers doux et épuré fait écho à la fascination de l’artiste pour les éléments traditionnels de l’art d’Extrême-Orient. On y perçoit aussi des fragments d’ambiances inspirées de ses voyages vécus ou rêvés entre Afrique et Asie.
C’est ainsi que ces céramiques, travaillées avec délicatesse et attention, comme des bijoux uniques, introduisent une part de poésie et de sophistication dans notre quotidien.

KORNILOFF

Peintre, illustrateur, peintre sur céramique, auteur, Vadim KORNILOFF est né en 1972. Le décor de son logis-atelier à Metz témoigne de l’éclectisme de sa culture. Autodidacte, il expose un peu par hasard pour la première fois, à Beyrouth en 2007, puis à New-York, Paris, en Lorraine, au Luxembourg, en Allemagne et en Russie. Il est lauréat en 2019 du prix Aralya/ArtCité.


Ses œuvres, encre de petits formats ou acrylique aux tons soutenus, présentent souvent des couples, anxieux ou déformés dans des postures de complémentarité ou d’opposition, avec une exagération qui donne un aspect étonnant voire humoristique à ses compositions. Des personnages pensifs ou rigolards se contorsionnent en compagnie de chiens ou d’oiseaux, comme contraints entre les limites de la toile. Otto DIX n’est pas loin. Les Pieds nickelés non plus.

Mais ses origines russes le rapprochent aussi de la poésie d’un CHAGALL ou de la provocation d’un Serge GAINSBOURG. A preuve, son initiative d’un mouvement “WC National” : l’objectif était de promouvoir l’exposition de toiles dans les toilettes de restaurants, pour contester l’hégémonie de l’art conceptuel dont l’urinoir d’un Marcel DUCHAMP est devenu l’emblème…

Il adore les lettres et se plaît manifestement à noircir les pages ou les écrans pour pourfendre, avec des idées très arrêtées, tout ce qu’il estime devoir être dénoncé.

C’est un boulimique de la création. « Je produis beaucoup, cela va très vite. Comme un enfant ». Il affirme pratiquer un dessin automatique, travailler à l’instinct et interpréter ses créations après coup.
« Je me garde de toute intention, du moins celle qui comprend une volonté d’introduire dans le contenu de mes dessins ou peintures des messages ou autres revendications existentielles ou réelles ».

Vadim KORNILOFF vient d’adapter en bande dessinée un roman d’Ivan GONTCHAROV, dont il dit que l’anti-héros “incarne une forme de résistance par la paresse à une modernité très dure et survoltée : c’est Platon en peignoir !”.
Toute ressemblance, etc…

CITRON

Le pastel, c’est du pigment, associé à une charge, le kaolin et le tout est lié par une colle. “Sur mes 600 bâtons, je n’en utilise peut-être que 20 à chaque fois mais je dois être libre de choisir toutes les stratégies possibles car il y a des stratégies pour rendre une ambiance : il y a la qualité du pigment, la dureté du bâton et puis la manière de fixer le pastel pour obtenir ensuite par la deuxième couche une superposition qui ne se mélangera pas à la couche du dessous. La question de la superposition des couches est centrale : elle met en évidence la nature opalescente du pastel, c’est-à-dire translucide comme la porcelaine, entre la transparence et l’opacité.”

“Concert, ce soir. Debout dans la pénombre, un homme travaille, entouré d’innombrables bâtonnets. Il peint au pastel, sur le vif. Non pas la réalité de ce que chacun peut voir, mais celle de sa vision à lui, de la vision que suscite la musique qu’il écoute. Il lui faudra en avoir terminé lorsque les derniers sons se seront dissipés sous les voûtes. Urgence du coup d’œil, spontanéité de la technique ” (Gilles CANTAGREL). Thierry CITRON ne peint généralement pas dans son atelier. Et si la musique est de BACH, ce n’est pas un hasard.

Face à un motif, je veux “regarder sans voir, sentir sans regarder et mettre mon savoir-faire en route dans une attitude quasi instinctive. Je cherche à simplifier à l’extrême les plans et les perspectives, les ombres et les lumières”.  Ce préambule technique ne résoud pas pour autant la question du choix entre rendus figuratifs ou pas, entre lesquels l’artiste avoue balancer.
Au terme de ce travail, “la scène ou le paysage pourra  être vu par le peintre et le regardeur comme une « chose » finie qui va parler. Elle peut ne pas dire la même chose au peintre et au regardeur, les uns et les autres mettent en relation leur imagination, leur culture, leur histoire et greffent l’interprétation poétique qu’ils souhaitent. Le tableau vit  et parle de lui-même. Il condamne  le peintre au silence”.

Né en 1953, autodidacte, Thierry CITRON expose depuis près de 40 ans. Médaille d’Or du Salon des artistes français, médaille d’argent de la Ville de Paris, prix ArtCité au Salon d’automne 2013, prix Art en Perche 2019. Il est l’un des maîtres du pastel.

BLIN

Mettons les choses au point : il ne s’agit pas de peintures mais de photographies. Et celles-ci n’ont reçu aucun traitement spécifique autre que lumière et recadrage. Prises sans équipement particulier au cœur d’un élément très mouvant, elles attestent un savoir-faire hors du commun.

Cette précision indispensable donnée, il est inutile de dire que Philippe BLIN est passionné de photographie et de mer. Se définissant comme photographe reporter pictural, il arpente la planète pour y saisir le mouvement et la lumière. C’est au retour de 5 semaines sur un 2 mâts 78 pieds sur les côtes de l’Antarctique qu’il a rapporté certaines des œuvres présentées, venant compléter celles du Groenland.

Son père était photographe, et il aimait l’accompagner en studio ou sur les prises de vues en extérieur. Armé de son appareil, il tentait d’apprivoiser les différents plans, de jouer avec les lumières. Plus il expérimentait et plus sa passion pour la photographie grandissait. Mais à l’époque, pas question d’en faire son métier.

Après des études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Arts Olivier de Serres à Paris, Philippe BLIN a mis son imagination au service de grandes Maisons parisiennes, comme Paco Rabanne ou chez Chanel, pendant plus de trente ans. Mais aujourd’hui la passion de la photographie ancrée en lui remplit sa vie professionnelle et personnelle.

Sous la houle puissante qui se gonfle puis se relâche dans une lancinante répétition, au cœur d’un iceberg, au gré du mouvement des eaux glacées, son appareil danse au rythme des ondulations et se fait pinceau. L’artiste magnifie le vent qui danse sur l’écume, les vagues qui s’unissent au ciel, les reflets sur les miroirs de glace, les scintillements nocturnes qui sont les vibrations du monde.