ROUBY

Zélie ROUBY est née en 1986. Après avoir étudié la sculpture, puis la céramique traditionnelle et pour finir le tournage, elle ouvre son atelier dès 2011. Aujourd’hui elle y travaille toujours, à Tain l’Ermitage, dans la Drôme..

En dépit de son jeune âge, ses créations ont rapidement été saluées par de nombreux prix. En 2011 elle a reçu avec 5 autres céramistes le Prix pour l’intelligence de la main de la Fondation Bettencourt Schueller. En 2014 c’est le Prix artiste de moins de 35 ans qui lui est décerné par la ville de Vallauris. La même année elle est lauréate du concours Jeune talent des Ateliers d’Art de France. En 2015, elle est distinguée par le Quentin d’Or du concours de la Jeune céramique européenne de Saint Quentin la Poterie.

Parallèlement ses oeuvres, qui ont eu l’honneur du Musée de la céramique de Sèvres et du Grand Hornu en Belgique, ont fait l’objet d’acquisitions par plusieurs musées français.

Enfin elle participe à des manifestations renommées, aux Etats Unis et en France, la dernière fin 2019 au centre emblématique de La Borne.

Beau palmarès qui contraste, comme bien souvent en matière de poterie, avec la modestie de la créatrice, discrètement localisée dans un garage transformé en atelier, dans une petite rue proche du Rhône. C’est là qu’elle tourne et donne vie à des pieces en grès chamotté. La technique du colombin lui permet d’élaborer des oeuvres de grande taille, et le travail de la forme, de la matière et de la couleur réussit à animer cette matière minérale.

Après avoir inventé des natures mortes aux teintes d’ombre, elle privilégie actuellement des engobes qui confèrent une présence éclatante à des formes qu’on qualifierait d’organiques. Sous cette appellation un peu conceptuelle c’est un style inspiré de la nature, souple, courbe, sinueux qui célèbre la jeunesse et le jeu. Avec ses couleurs tendres et son absence de rigidité il tourne le dos au design rationaliste du Bauhaus.

Et le contraste des matières, entre extérieur lisse et intérieur fortement grainé, renforce la personnalité de ce travail quasiment pictural.

VAN HOEY

Ann VAN HOEY, née en Belgique en 1956, a fait des études d’ingénieur commercial et débuté comme représentante en meubles. A l’âge de 25 ans elle entre à l’IKA, l’école d’artisanat d’art de Malines, et y est séduite sur le champ par l’argile. Mais ses activités professionnelles et familiales aidant, ce n’est qu’à la cinquantaine qu’elle obtient enfin son diplôme et commence à travailler à temps plein à son atelier.

Cette préparation lente lui a toutefois permis de mener ses propres recherches et d’accumuler d’innombrables enseignements auprès de potiers de très haut niveau, à Liège, à Saint Amand de Puisaye, à Brasschaat, à Haarlem, à Vallauris, puis de découvrir au Japon l’origami, l’art du pliage. Patience et longueur de temps, le talent exceptionnel de l’artiste est prêt à exploser : elle va devenir en moins de 10 ans l’une des références internationales dans le monde de la céramique.

En 2007, Ann VAN HOEY est distinguée par Design Vlanderen. En 2008 elle est sélectionnée pour la Biennale de Vallauris et reçoit le label Henry Van de Velde, la distinction de qualité la plus prestigieuse en Belgique. En 2009 la médaille de bronze de la Biennale Mondiale d’Icheon lui est attribuée en Corée, et le premier prix de la Biennale Internationale de Kapfenberg en Autriche. En 2010, elle remporte le prix de l’International Design Competition de Courtrai. En 2011 elle est récompensée à l’International Ceramics Competition de Mino au Japon et obtient le premier prix du Parcours Carougeois à Genève. En 2012 elle est retenue pour le SOFA à New York et remporte l’Emerging Artist Peoples Choice Contest à Taiwan. En 2013 elle reçoit la médaille d’argent de la Biennale Internationale de Cheongju en Corée. En 2014, une mention spéciale lui est décernée à la Biennale Open to Art à Milan en Italie.

« Minimalisme et sensualité », « less is more », les articles de presse consacrent la fascination de l’artiste pour la pureté géomètrique. « Etude Géométrique », sa série de 5 bols saluée à Vallauris, l’a rendue célèbre : formes angulaires et sphériques n’y font plus qu’un, au sein d’un même volume. Les formes épurées, faites d’une texture absolument parfaite, sans aucun grumeau ni bosse aplatie, privilégient la couleur naturelle de l’argile, brune, rouge ou blanche, monochrome. Dans sa volonté de perfection, l’artiste n’ajoute pas d’émail de couleur mais ose passer certaines formes à la peinture pour carrosserie, noire, blanche, orange ou rouge Ferrari.

Les oeuvres d’Ann VAN HOEY sont présentes dans de nombreuses collections publiques en Belgique, Allemagne, Suisse, Irlande, Croatie, Etats Unis, Taiwan, Corée du sud, Japon, Chine..

TEN KORTENAAR

Maria TEN KORTENAAR a tout d’abord reçu un diplôme de créateur de bijoux. Cette expérience n’est pas neutre dans la mise au point progressive de la technique particulièrement originale qu’elle a développée avec la porcelaine.

Ses créations sont formées de petites pièces de porcelaine cernées d’un filet bleu, qu’elle teinte elle-même dans la masse et qu’elle assemble comme une mosaïque. Rang après rang, comme un travail de maçon, les parois des cylindres s’élèvent avec une épaisseur de moins d’un millimètre et s’achèvent en créneaux irréguliers. Les facteurs d’humidité, de vitesse de réalisation, de cohérence du séchage doivent être soigneusement maîtrisés pour éviter un taux de déchet trop dramatique à la sortie du four.

Sous une lumière forte, les oeuvres apparaissent translucides. Exposées normalement elles soulignent les lignes et les formes colorées que l’artiste semble avoir dessinées pour traduire l’émotion d’un paysage, d’une carte, d’un vitrail ou de fleurs. « Pour moi, la porcelaine est un medium qui me permet d’exprimer ma perception de la vie quotidienne. Je peux traduire au travers de la porcelaine les impressions qui me frappent, bonheurs, couchers de soleil ou jours de pluie. »

Maria TEN KORTENAAR travaille la terre depuis 1995. Mais en une douzaine d’années consacrées exclusivement à la porcelaine, elle a accumulé des distinctions internationales prestigieuses : festival International de Céramique de Mino au Japon en 2014, Biennale Mondiale de Céramique de Corée du Sud en 2009, Biennale de Céramique de Taiwan en 2008. Ses oeuvres font partie des collections de musées en Chine, en Corée, au Japon et aux Pays-Bas. Elles ont été présentées à Sèvres, à Vallauris, en Allemagne, en Belgique, aux Etats Unis, en Roumanie et sont exposées en 2017 par la Fondation Bernardaud.

La céramiste est née en 1955. Elle habite dans une vieille maison d’Amsterdam, où elle a établi son atelier.

ROOS

Nous n’avons pas oublié les premières porcelaines d’Anima ROOS que nous avons découvertes et cet effet de transparence hors du commun qui fait dialoguer intérieur et extérieur de la pièce. Cette artiste reconnue n’est pourtant arrivée que progressivement à la porcelaine : « Le dessin était mon premier amour. Mais dans les années 70 les métiers d’art en général – et la poterie en particulier – ont connu un vrai renouveau, sous l’influence des années 60 avec le retour à la nature, aux origines. Visitant un atelier de potier, je fis un jour un essai. Ce fut le coup de foudre, j’ai été complètement subjuguée. » Cette fascination ne l’a plus quittée depuis: « Outre une grande sensualité, le travail au tour a quelque chose de magique, de poétique. Tourner un pot est comme une danse entre les mains et l’argile : les mains mènent la danse, l’argile suit. En quelques mouvements la forme grandit en tournant autour de son axe. Même après tant d’années, je suis toujours émerveillée. » Anima ROOS s’est d’abord consacrée au grès utilitaire, puis au grès d’art, pour finalement opter pour la porcelaine, après s’être formée auprès de grands maîtres comme les britanniques David LEACH, Peter LANE, David ROBERTS ou l’allemand Horst GOBBELS.

Pour obtenir une porcelaine transparente, le travail est particulièrement exigeant, tant au niveau du tournage, qui doit être très rapide et sans faute, que de la précision de la cuisson. Anima ROOS travaille des formes épurées et aime accentuer la tension des courbes par le jeu d’un motif. Puis elle va en brouiller la perception par un décor transparaissant en ombres flottantes, y créant éventuellement un relief. Différentes cultures peuvent l’inspirer, tels les poissons qui, en Chine, symbolisent la vie, et qu’elle utilise dans son travail pour parler du bonheur. « Le bonheur que l’on peut voir passer du coin de l’oeil, que l’on peut attraper ou qui nous glisse entre les doigts. »

Anima ROOS est née en 1956. Elle vit et travaille en Belgique, à Gand, où elle a ouvert son atelier en 1981. Ses oeuvres, couronnées par de multiples distinctions, sont présentes en Allemagne, Belgique, Espagne, France, Hollande, Italie, à Taïwan et font partie des collections de nombreux musées.

MORBU

Hélène MORBU est née en 1981 dans l’Aisne. Après les Arts-Déco de Reims, section design, dont elle est diplômée en 2005, elle entre à l’Ecole Nationale des Arts Appliqués Olivier de Serres où elle décide de se consacrer entièrement à la céramique. Elle y reçoit jusqu’en 2007 l’enseignement de Marc ALBERT et Maryline VINCE qu’elle considère comme des références de la nouvelle génération de céramistes européens. Leur rencontre sera déterminante tout comme les exemples du céramiste français Pierre CHARPIN et des designers italiens des années 70 Ettore SOTTSASS ou Enzo MARI.

Son atelier, qu’elle a créé en 2008, donne sur une petite rue sur l’île de Nantes où, depuis quelques années, se concentrent nombre d’artistes, designers et architectes. Elle y manie porcelaine, grès et faïence avec délicatesse et précision. Et elle attache une grande importance à la correspondance entre la forme et la couleur, qui peut être aussi bien teintée dans la masse qu’émaillée.

Hélène MORBU cherche dans ses créations la perfection du geste pour maîtriser l’extrême limite de la matière. Perfection des dessins, des jeux d’emboîtement et des cotes extrêmement précises de ses projets, qui reflètent sa passion du design. Perfection des réalisations, qu’elle ausculte sans pitié pour jeter au rebut les pièces qui ne se plient pas à son exigence millimétrique. Perfection des couleurs, réalisées à partir de pigments mesurés au milligramme près. Cette obsession de la qualité ne fait pas toujours bon ménage avec la terre ou avec les calendriers de production, mais l’artiste recherche ces défis : « Avec la terre, il n’y a aucune monotonie ! C’est une matière vivante qui a des contraintes techniques. J’aime que le résultat soit aléatoire et que son travail ne soit pas si facile. »

Ses créations s’inscrivent dans la tendance contemporaine : des couleurs lumineuses, des contrastes entre le mat et le brillant de l’émail, des pièces (tasses, vases, coupes, carafes…) aux profils géométriques nets. Des créations sobres et graphiques, à la dimension sculpturale, qui pourraient évoquer l’univers de la science-fiction qu’elle affectionne.

Hélène MORBU a reçu en 2009 le Prix de la Relève décerné par Ateliers d’Art de France.

MARISCAL

C’est au nord de Gerone, en Espagne, au milieu d’une campagne prospère rythmée par de longs alignements de peupliers, que se situe La Bisbal d’Empordà : l’un des centres céramiques les plus actifs de Catalogne depuis le XVIIIe siècle. Artisan, créateur, artiste, voire alchimiste, le céramiste de la Bisbal est très souvent le dernier maillon d’une famille dont des générations se sont consacrées au travail de l’argile.

José María MARISCAL illustre cette tradition. Né en 1976, il descend d’une lignée de potiers du sud de l’Espagne. C’est en 2003 qu’il il ouvre son propre atelier ; passionné d’innovation, après le raku, les terres sigillées et les engobes, il va progressivement se consacrer à la cristallisation.
La cristallisation consiste à élever la température du four vers 1250 °C à 1 300 °C, pour faire fondre l’ensemble des composants de l’émail qui recouvrent la pièce de céramique. La descente en température se fait alors très graduellement; l’émail devenu liquide lors de l’élévation de la température se solidifie et forme des cristaux. Ce phénomène peut être rapproché du processus qui, en hiver, produit des cristaux de glace sur le pare-brise d’une voiture.

Les cristallisations apparurent dans la céramique occidentale au milieu du XIXe siècle, à la Manufacture de porcelaine de Sèvres, puis à Copenhague, Meissen, Berlin.
Plus que toute autre glaçure, la cristallisation comporte risques et incertitudes car le rôle du hasard y est déterminant. Il s’agit d’une technique complexe que seuls quelques dizaines de céramistes au monde sont capables de mettre en oeuvre avec talent. Il faut en effet des années de recherche et d’expérimentations pour parvenir à obtenir des pièces présentant ces reflets doux et satinés ainsi que cette irisation subtile à nuls autres pareils. José María MARISCAL a réussi à y faire apparaître des paillettes segmentées tout à fait originales.
Son ambition est de prendre rang parmi les céramistes de sa nouvelle génération qui font évoluer la réflexion sur cet art particulièrement technique. Choix et combinaison des émaux, détermination des niveaux de température, conduite des paliers de cuisson, utilisation d’acide font partie des secrets qu’il met en oeuvre pour « faire parler le feu » et provoquer un processus analogue à celui qui génère les cristaux dans la lave volcanique.

Animant des masterclasses aux Etats-Unis, en Israël, aux Pays-Bas, et en Australie, lauréat à Sadirac en 2015, à Gouda (Pays-Bas) et Waldburg (Allemagne) en 2016, il a reçu le titre de Maître Potier de la Région de Catalogne.

LAUGIER

Fanny LAUGIER est née en 1978 en Guadeloupe. Titulaire d’une maîtrise de biologie, elle a obtenu le Capes de biologie-géologie. Mais elle abandonne rapidement l’enseignement pour suivre la formation en céramique artisanale à l’Ecole Nationale Supérieure d’Arts Appliqués Duperré à Paris. Et elle crée en 2008 son propre atelier à Poitiers.

Fanny LAUGIER réalise des pièces uniques et petites séries en porcelaine, qu’elle travaille souvent brute, sans émail pour révéler son aspect minéral et sensuel.

Inspirée par la peinture abstraite et l’architecture des années 1930 à 1950, elle construit ses pièces en s’appuyant sur des formes géométriques simples, le cercle, le carré, l’ellipse, qu’elle transforme en volumes en quelques découpes et pliages, à l’image du papier. Elle introduit de nombreux contrastes et décalages au moyen d’outils modestes issus du quotidien : filet, carton, textile. Et par son travail de façonnage elle recherche le point ultime où la terre atteint une apparente fragilité pour la figer, par la cuisson, dans une forme pérenne.

L’artiste a été sélectionnée dès 2009 pour le concours international de céramique de Carouge en Suisse. Elle a été distinguée pour les expositions d’Ateliers d’Art de France depuis 2010 et du Musée Fabre de Montpellier en 2012. Certaines de ses pièces ont également été mises aux enchères à l’Hôtel Drouot en 2011 et 2012.

LALEMAN

Le travail de Lut LALEMAN se révèle plein de surprises. On n’imagine pas tout de suite que ce qui paraît un tressage est fait de porcelaine. Et plus on essaie de comprendre ce travail, plus apparaît une complexité qui fait sa renommée. La première approche de cet art très spécifique s’est bâtie avec des colombins extrêmement fins de porcelaine. Les colombins sont superposés l’un après l’autre afin de former une paroi, où alternent en vertical et en horizontal la porcelaine noire et la porcelaine blanche. La paroi joue ainsi entre la lumière et l’ombre, entre la translucidité et l’opacité.

Approfondissant ses recherches, la céramiste a créé une double paroi, et ses oeuvres ne sont plus translucides. D’innombrables points microscopiques noirs ou blancs sont fixés à une couche de base en série mathématique : un motif fin émerge. La complexité des modèles et la taille des formes demandent beaucoup de précision et de patience ; chaque manipulation doit être faite exactement au bon moment. Mais au-delà de la maîtrise technique exceptionnelle, le rythme mathématique des modèles devient le concept de l’oeuvre.

Lut LALEMAN est née en 1958. Elle est belge et habite près de Gand. Elle s’est consacrée assez tard à la céramique, après un parcours scientifique qui lui a sans doute donné le goût de la minutie. Et ses créations particulièrement originales ont très rapidement connu une consécration internationale, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Corée, au Danemark, en Espagne, aux Etats Unis, en France, en Hollande, en Hongrie, en Italie, au Japon, au Luxembourg, en Suisse, à Taiwan. En une douzaine d’années l’artiste a reçu de nombreux prix : Prix National Eeklo en 2004, Prix National Buggenhout, Prix Pieter Vanneste en 2006, World Ceramic Biennale Corée en 2007, sélection Design Vlaanderen et Prix Provincial Vormgeving en 2008, Bayerischer Staatspreis en 2009, Prix quadriennal Flandre Occidentale en 2009 et en 2013, Prix du talent Westerwald Museum en 2010, Special Judges Award Mino Japon en 2011, Biennale Taiwan en 2012, Biennale Andenne en 2015, Special Judges Award, 8th Nassauische Sparkasse Westerwald Museum en 2016, Open to Art Milan en 2017.

Ses oeuvres font partie de collections publiques en Allemagne, en Belgique et en Corée..

DEBIEN

Né en 1959, François DEBIEN est céramiste depuis près de 30 ans. Il vit dans un petit village en pleine campagne au sud de la Seine et Marne ; dans le bel atelier spacieux ronronne un énorme four à gaz.

On peut déceler dans ses oeuvres l’influence des céramistes réputés auprès desquels il s’est formé : Philippe DUBUC, inspiré par les maîtres japonais, Helena KLUG, spécialiste des émaux haute température, Michel et Louise GARDELLE, connus aussi pour leur talent de peintres. En effet l’artiste aime pour ses pièces, y compris celles de grandes dimensions, les formes aux lignes tendues, qui restent élégantes et simples. Il attache par ailleurs une grande importance à l’émaillage et au décor, auquel il confère une poésie légère, axée sur le monde marin, les arbres et les oiseaux.

Les pièces sont généralement façonnées avec une argile à grès de Puisaye, cuite à très haute température (1320° C) afin de la vitrifier dans la masse. Les jarres sont tournées, quelquefois en plusieurs parties pour les plus grandes. Les plats carrés et rectangulaires sont estampés dans des moules à partir de grandes plaques de terre, et les petites pièces sont tournées.

Les émaux sont élaborés dans l’atelier après un long et patient travail de recherche. Leur cuisson est longue et dure entre 12 et 16 heures.
Le céramiste s’est actuellement spécialisé sur les émaux transparents et shinos. Les émaux transparents appliqués sur engobes découvrent les motifs comme vus à travers la surface de l’eau. Les shinos (émaux felspatiques d’origine japonaise) sont quant à eux utilisés pour les décors peints au pinceau.

Les oeuvres de François DEBIEN ont fait l’objet d’expositions en galerie à Paris, Sèvres, Lyon, Saint Quentin la Poterie et Deventer aux Pays-Bas. Elles ont été également présentées par le Musée de la Poterie à Saint-Émilion et par le Musée Bernard Boesch à La Baule.

DANHIEUX

Alistair DANHIEUX est né en 1975 en Angleterre. Il quitte son pays à l’âge de 18 ans, et parcourt le monde. Le hasard de sa route le conduit en Puisaye, où il découvre la céramique, se forme au tournage au CNIFOP et rencontre sa femme, Marion, potière elle aussi.

En 2006, le couple achète une petite maison dans les bois et construit un grand four à bois : la production de poterie de grès utilitaire et décorative peut ainsi commencer dès l’année suivante. Mais celle-ci doit bientôt être abandonnée à la suite d’un problème technique majeur sur le four. C’est cet incident qui va inciter Alistair à se lancer dans la création d’oeuvres en raku-nu, pour lesquelles sa réputation est désormais solidement établie.

La technique du raku vient du Japon où le mot est apparu au 16ème siècle, et est liée à la cérémonie du thé. Le raku-nu, qui en est issu, est un procédé très particulier qui nécessite de nombreuses étapes : tournage, polissage, pose d’un engobe, repolissage, biscuit à 960°, réserve au latex, décoration, émaillage, grattage du décor, nouvelle cuisson, refroidissement rapide et pour terminer nettoyage et vernissage à la cire.

Le résultat est à la hauteur des difficultés et la somptueuse collection en témoigne, avec des pièces rares de grande taille telles que celles présentées à Saint-Valerysur- Somme.

Parallèlement Alistair DANHIEUX s’oriente vers des créations sans émail où le côté aléatoire est plus présent, nécessitant une savante cuisson en gazette et un refroidissement lent ; il en résulte des pièces aux tonalites délicates, nuageuses, accompagnées de tracés sinueux à la manière d’une peinture de Zao Woo-Ki. Les dernières innovations de l’artiste traduisent une évolution magistrale vers des sculptures abstraites aux formes douces et aux coloris chauds.