BERTHOLON

Stéphanie BERTOLON est née en 1973.
Son intérêt pour le vitrail s’efface vite devant la découverte de l’argile. Initiée à la céramique dans l’atelier de Marie-Christine DENNIEL à Bonnieux, elle poursuit ensuite sa formation en Afrique (Mali, Burkina) puis dans différents ateliers de potiers du Vaucluse.
Depuis 2010 son atelier est installé pas loin d’Avignon, dans un petit village de la Drôme provençale.

Présentées surtout dans le sud de la France, les porcelaines de Stéphanie BERTHOLON ont été sélectionnées pour des manifestations céramiques de renommée. 

Ses créations évoquent raffinement et sérénité. Les formes tournées offrent un support simple et classique au jeu des décors. Un semis de petits motifs, de pois, de taches, de lignes brisées y porte des images universelles, entre l’infini minuscule de la vie cellulaire et l’infini immense des ciels étoilés.
La superposition des émaux s’exprime dans un camaïeu de bleus sourds et de gris discrets. Et une enluminure de fines touches d’or apporte souvent à la couverte blanc mat un éclat satiné.

Cet univers doux et épuré fait écho à la fascination de l’artiste pour les éléments traditionnels de l’art d’Extrême-Orient. On y perçoit aussi des fragments d’ambiances inspirées de ses voyages vécus ou rêvés entre Afrique et Asie.
C’est ainsi que ces céramiques, travaillées avec délicatesse et attention, comme des bijoux uniques, introduisent une part de poésie et de sophistication dans notre quotidien.

VAN HOEY

Ann VAN HOEY, née en Belgique en 1956, a fait des études d’ingénieur commercial et débuté comme représentante en meubles. A l’âge de 25 ans elle entre à l’IKA, l’école d’artisanat d’art de Malines, et y est séduite sur le champ par l’argile. Mais ses activités professionnelles et familiales aidant, ce n’est qu’à la cinquantaine qu’elle obtient enfin son diplôme et commence à travailler à temps plein à son atelier.

Cette préparation lente lui a toutefois permis de mener ses propres recherches et d’accumuler d’innombrables enseignements auprès de potiers de très haut niveau, à Liège, à Saint Amand de Puisaye, à Brasschaat, à Haarlem, à Vallauris, puis de découvrir au Japon l’origami, l’art du pliage. Patience et longueur de temps, le talent exceptionnel de l’artiste est prêt à exploser : elle va devenir en moins de 10 ans l’une des références internationales dans le monde de la céramique.

En 2007, Ann VAN HOEY est distinguée par Design Vlanderen. En 2008 elle est sélectionnée pour la Biennale de Vallauris et reçoit le label Henry Van de Velde, la distinction de qualité la plus prestigieuse en Belgique. En 2009 la médaille de bronze de la Biennale Mondiale d’Icheon lui est attribuée en Corée, et le premier prix de la Biennale Internationale de Kapfenberg en Autriche. En 2010, elle remporte le prix de l’International Design Competition de Courtrai. En 2011 elle est récompensée à l’International Ceramics Competition de Mino au Japon et obtient le premier prix du Parcours Carougeois à Genève. En 2012 elle est retenue pour le SOFA à New York et remporte l’Emerging Artist Peoples Choice Contest à Taiwan. En 2013 elle reçoit la médaille d’argent de la Biennale Internationale de Cheongju en Corée. En 2014, une mention spéciale lui est décernée à la Biennale Open to Art à Milan en Italie.

« Minimalisme et sensualité », « less is more », les articles de presse consacrent la fascination de l’artiste pour la pureté géomètrique. « Etude Géométrique », sa série de 5 bols saluée à Vallauris, l’a rendue célèbre : formes angulaires et sphériques n’y font plus qu’un, au sein d’un même volume. Les formes épurées, faites d’une texture absolument parfaite, sans aucun grumeau ni bosse aplatie, privilégient la couleur naturelle de l’argile, brune, rouge ou blanche, monochrome. Dans sa volonté de perfection, l’artiste n’ajoute pas d’émail de couleur mais ose passer certaines formes à la peinture pour carrosserie, noire, blanche, orange ou rouge Ferrari.

Les oeuvres d’Ann VAN HOEY sont présentes dans de nombreuses collections publiques en Belgique, Allemagne, Suisse, Irlande, Croatie, Etats Unis, Taiwan, Corée du sud, Japon, Chine..

MARISCAL

C’est au nord de Gerone, en Espagne, au milieu d’une campagne prospère rythmée par de longs alignements de peupliers, que se situe La Bisbal d’Empordà : l’un des centres céramiques les plus actifs de Catalogne depuis le XVIIIe siècle. Artisan, créateur, artiste, voire alchimiste, le céramiste de la Bisbal est très souvent le dernier maillon d’une famille dont des générations se sont consacrées au travail de l’argile.

José María MARISCAL illustre cette tradition. Né en 1976, il descend d’une lignée de potiers du sud de l’Espagne. C’est en 2003 qu’il il ouvre son propre atelier ; passionné d’innovation, après le raku, les terres sigillées et les engobes, il va progressivement se consacrer à la cristallisation.
La cristallisation consiste à élever la température du four vers 1250 °C à 1 300 °C, pour faire fondre l’ensemble des composants de l’émail qui recouvrent la pièce de céramique. La descente en température se fait alors très graduellement; l’émail devenu liquide lors de l’élévation de la température se solidifie et forme des cristaux. Ce phénomène peut être rapproché du processus qui, en hiver, produit des cristaux de glace sur le pare-brise d’une voiture.

Les cristallisations apparurent dans la céramique occidentale au milieu du XIXe siècle, à la Manufacture de porcelaine de Sèvres, puis à Copenhague, Meissen, Berlin.
Plus que toute autre glaçure, la cristallisation comporte risques et incertitudes car le rôle du hasard y est déterminant. Il s’agit d’une technique complexe que seuls quelques dizaines de céramistes au monde sont capables de mettre en oeuvre avec talent. Il faut en effet des années de recherche et d’expérimentations pour parvenir à obtenir des pièces présentant ces reflets doux et satinés ainsi que cette irisation subtile à nuls autres pareils. José María MARISCAL a réussi à y faire apparaître des paillettes segmentées tout à fait originales.
Son ambition est de prendre rang parmi les céramistes de sa nouvelle génération qui font évoluer la réflexion sur cet art particulièrement technique. Choix et combinaison des émaux, détermination des niveaux de température, conduite des paliers de cuisson, utilisation d’acide font partie des secrets qu’il met en oeuvre pour « faire parler le feu » et provoquer un processus analogue à celui qui génère les cristaux dans la lave volcanique.

Animant des masterclasses aux Etats-Unis, en Israël, aux Pays-Bas, et en Australie, lauréat à Sadirac en 2015, à Gouda (Pays-Bas) et Waldburg (Allemagne) en 2016, il a reçu le titre de Maître Potier de la Région de Catalogne.

DEBIEN

Né en 1959, François DEBIEN est céramiste depuis près de 30 ans. Il vit dans un petit village en pleine campagne au sud de la Seine et Marne ; dans le bel atelier spacieux ronronne un énorme four à gaz.

On peut déceler dans ses oeuvres l’influence des céramistes réputés auprès desquels il s’est formé : Philippe DUBUC, inspiré par les maîtres japonais, Helena KLUG, spécialiste des émaux haute température, Michel et Louise GARDELLE, connus aussi pour leur talent de peintres. En effet l’artiste aime pour ses pièces, y compris celles de grandes dimensions, les formes aux lignes tendues, qui restent élégantes et simples. Il attache par ailleurs une grande importance à l’émaillage et au décor, auquel il confère une poésie légère, axée sur le monde marin, les arbres et les oiseaux.

Les pièces sont généralement façonnées avec une argile à grès de Puisaye, cuite à très haute température (1320° C) afin de la vitrifier dans la masse. Les jarres sont tournées, quelquefois en plusieurs parties pour les plus grandes. Les plats carrés et rectangulaires sont estampés dans des moules à partir de grandes plaques de terre, et les petites pièces sont tournées.

Les émaux sont élaborés dans l’atelier après un long et patient travail de recherche. Leur cuisson est longue et dure entre 12 et 16 heures.
Le céramiste s’est actuellement spécialisé sur les émaux transparents et shinos. Les émaux transparents appliqués sur engobes découvrent les motifs comme vus à travers la surface de l’eau. Les shinos (émaux felspatiques d’origine japonaise) sont quant à eux utilisés pour les décors peints au pinceau.

Les oeuvres de François DEBIEN ont fait l’objet d’expositions en galerie à Paris, Sèvres, Lyon, Saint Quentin la Poterie et Deventer aux Pays-Bas. Elles ont été également présentées par le Musée de la Poterie à Saint-Émilion et par le Musée Bernard Boesch à La Baule.