MAKOSSO

Maguy Makosso aime jouer avec les couleurs. Des verts des forêts de son enfance aux jaunes ocrés de son adolescence, des bleus des mers du sud aux rouges des soleils couchants, elle tire la quintessence de son vécu et nous entraîne à travers ses oeuvres dans un itinéraire où tonalités, teintes et nuances explosent en un bouquet chromatique sans pareil. Chacune de ses peintures raconte une histoire, évoque un moment, pérennise l’instant sans pour autant le figer. Son trait cerne l’objet, ren- force le personnage, anime les représentations. Ses peintures font la part belle au monde animal et à son environnement, mais aussi aux femmes dans leur vie de tous les jours. L’interaction des formes aux coloris et la précision du pinceau offrent quelques chose d’unique en matière de lumière. Les couleurs s’affrontent, se juxtaposent, se marient et les compositions prennent vie.

AMADIEU

La légèreté et le mouvement, parfois presqu’aux limites de l’équilibre : les sculptures d’Isabelle RENARD AMADIEU affichent un style qui fait son originalité. Et s’associent naturellement à l’atmosphère zen de sa maison de Charente, où la lumière vient vibrer sur le feuillage d’un olivier. Souvent elles prennent aussi quelques repères dans l’univers de la danse.

L’artiste, née en 1955 à Paris, peint depuis son plus jeune âge. Elle a passé une partie de sa vie en Champagne, y associant la pratique de l’art dentaire à celle de l’art plastique. Progressivement elle est passée de la peinture et du dessin des modèles vivants à la sculpture, en y explorant de multiples voies.

Prolongement du dessin, son parcours de sculpteur a débuté par le modelage de nus académiques : si elle a ainsi signé de très belles oeuvres, la discipline de reproduction exacte du modèle a été ressentie comme un frein à la créativité. Elle ouvre alors largement le spectre des techniques et des matériaux et adopte une démarche de touche à tout : pierre, terre cuite, bois flotté et résine. Cette curiosité reste très actuelle et témoigne d’un univers artistique capable de se recomposer en permanence.

C’est l’utilisation du fil de fer associée à des bandes enduites qui lui permettra finalement d’élaborer les structures très fines nécessaires à ses créations. Leur réalisation en bronze, confiée à la fonderie d’art Paumelle dans la Marne, jumelle la densité identifiée à la matière et la perception aérienne des oeuvres.

Les sculptures d’Isabelle RENARD AMADIEU sont rarement présentées en galerie. Leur exposition a privilégié jusqu’ici des manifestations culturelles à Paris, dans l’est et le sud-est de la France et au Danemark.

LETELLIER

Ce n’est pas pour fabriquer un support que Jean-Michel LETELLIER travaille la fibre de kozo, le mûrier à papier : c’est pour en faire directement une création contemporaine en cellulose. Très peu dans le monde s’expriment de la sorte. Avec sa femme Miki NAKAMURA, l’artiste est peut-être le seul hors d’Asie à mettre au point les techniques manuelles très simples qui feront du geste de fabrication de la pâte à papier un acte créateur d’art.

Jean-Michel LETELLIER est né en 1954. Le papier n’est tout d’abord pour lui qu’un support de ses encres, dessins à la cire et pliages.
Mais ses différents séjours au Japon vont le mettre sur la voie d’un graphisme puisé dans le seul jeu de la matière. Son parcours le mène auprès de Minoru Fujimori, « Trésor national vivant » papetier dans l’île de Shikoku, puis comme lauréat à la Villa Kujoyama, l’équivalent de la Villa Medicis au Japon, et enfin dans la province d’Echizen, célèbre pour son papier traditionnel renommé depuis le 8ème siècle.

De retour en France, le destin est scellé : la feuille de papier se fera sculpture.

Quelquefois de très grand format (jusqu’à 3m50), l’essentiel de l’oeuvre est réalisé au moment de la fabrication du papier. Jouant sur la projection d’eau, l’épaisseur, la transparence, l’absence de matière, la coloration par des ocres, le papier se noue en rhizomes, des terres noires remplacent l’encre de chine, l’inclusion de ficelle lui permet les volumes.
Travail lyrique – herbes folles, graminées ou cieux chargés de lourds nuages – ou expression abstraite – le vide, l’absence de matière créent le dessin -, ces créations uniques se dévoilent aussi bien encadrées classiquement que simplement suspendues pour conserver la légèreté et la souplesse de la matière.

Jean-Michel LETELLIER vit et travaille près d’Angers, dans une ancienne fabrique d’allumettes réhabilitée.

Depuis 2001, il expose son travail dans de nombreuses galeries en France comme à l’étranger (Londres, Genève, Riga, Osaka) et dans des musées (Valence, Allemagne, Japon, Lituanie). Sa femme et lui ont participé au Festival des Jardins à Chaumont sur Loire en 2010, et été invités d’honneur de la Société Nationale des Beaux-Arts en 2018 à Paris.

En japonais le mot kami signifie à la fois dieu et papier. Les Japonais correspondent avec les dieux en écrivant de petites phrases dans des papiers pliés et accrochés dans les arbres.

DENIMAL

Patricia DENIMAL est née en 1952 à Calais. Elle affiche très vite des goûts artistiques. A 5 ans elle apprend le piano, et elle sort du conservatoire à 20 ans avec un prix de musique de chambre. A 12 ans elle fonde sa 1ère troupe de théâtre. Pendant ce temps elle dessine partout, façonne des figurines avec la terre du jardin, qui se délitent dans le four de la cuisinière, et sculpte des morceaux de bougie sous son pupitre en classe.

Plus tard son choix d’étudier des langues qui n’existent plus l’entraîne jusqu’à une licence de lettres classiques. Mais elle connaît ses premières vraies expériences de céramique à 21 ans. Dès lors plus question de faire autre chose dans la vie que d’avoir les mains dans la glaise.
Elle découvre le tournage en Puisaye : le plaisir du geste lui fait presque oublier pendant 15 ans qu’elle était venue pour modeler. Potière, elle s’adonne aux glaçures à base de cendres pour le grès et la porcelaine, puis au raku.

D’enthousiasmes en détours, c’est en 1990 qu’elle replonge corps et âme dans la sculpture. Ses oeuvres sont présentes en Allemagne, Belgique, Corée du Sud, Danemark, Etats-Unis, France, Grèce, Pays-Bas, et Suisse.

Elle vit aujourd’hui dans le Gard. De sa maison vrai modèle d’écologie, au milieu des chênes verts et des pins, la vue s’étend jusqu’au Mont Ventoux.

L’artiste travaille l’argile de Puisaye, en creux « à la potière », c’est-à-dire en poussant la terre de l’intérieur, ce qui permet de mieux maîtriser les physionomies.
Elle réalise également des bronzes. Le point de départ d’une sculpture est presque toujours une tête humaine, sans vision d’ensemble de la forme finale. L’expression qui en surgit inspirera le reste de l’oeuvre.
Une fois la sculpture séchée, elle est peinte avec des engobes, généralement de porcelaine, colorées d’oxydes métalliques. Une première mise au feu entre 1050° et 1150° peut être suivie d’un enfumage lors d’une 2ème cuisson ; certaines sculptures sont cuites à 1240°, ce qui leur donne la qualité du grès. A ce régime, les oeuvres vivent sans problème à l’extérieur.

« J’ai toujours quelques difficultés à me situer moi-même dans un courant artistique. Mon humeur parfois facétieuse m’inclinerait à me définir comme sculpteur néoacadémique à tendance singulière.
J’aime relier ce que l’humain a de plus intime à une représentation parfois décalée si la nécessité s’en fait sentir, imprégnée en cela de mythes dont je ne suis pas toujours consciente. Partie d’une figuration relativement symbolique, prenant ses racines dans un imaginaire nourri de l’art de civilisations éloignées de la mienne, je me suis acheminée vers une représentation d’êtres charnels qu’on croirait connaître, si ce n’est que bien souvent la chimère les rejoint et donne un sentiment d’étrangeté.
La maturité aidant, peut-être, je m’autorise à ne plus concevoir au préalable, à ne plus dessiner, à imaginer le moins possible. Je façonne mes créatures en me laissant guider par l’expression du visage qui émerge sous la pression de mes doigts.»

ZORITCHAK

Né en 1944 en Slovaquie, Jan ZORITCHAK fait ses études artistiques à l’Ecole des Arts Décoratifs de Bratislava. Et c’est un peu par hasard qu’il rejoint ensuite l’Ecole Supérieure du Verre Appliqué (1959- 1963) à Zelezny Brod, au pays du verre de Bohême, puis la Haute Ecole des Arts Appliqués de Prague (1963-1969). L’innovation y est alors en plein essor, sous la férule de Stanislav LIBENSKY, grand maître du verre contemporain, qui impulse avec sa femme Jaroslava BRYCHTOVA la rupture avec la tradition du cristal coloré.

Le jeune verrier est fortement inspiré par le cosmos depuis son enfance. Il se lance dès 1969, année de la conquête de la lune, dans des recherches personnelles sur ce thème tout en conservant la technique de la taille poussée à la perfection. La forme de ses oeuvres va progressivement évoluer en fonction des lois scientifiques auxquelles l’artiste ne cesse de se référer. Le cône, la pyramide, la sphère, le cylindre, le polygone, le triangle seront transfigurées par l’artiste en sculptures où la réfraction de la lumière ouvre des mondes multiples et profonds.

Jan ZORITCHAK utilise le verre optique, qui lui offre les possibilités infinies de réfraction, obtenues par la taille d’une précision scientifique. Ce verre lui donne aussi la rigueur des lignes aux arêtes effilées auxquelles il transmet une dimension métaphysique qui répond à ses interrogations cosmiques et spiritualistes. « Mes sculptures me permettent de ramener sur la terre des portions de l’espace, facilitant à chacun de nous le voyage dans l’univers. Par le jeu lumineux de la réflexion et de la réfraction, dans mon esprit ou dans la vision de l’homme, on approche la quatrième dimension. » Depuis 1970 Jan ZORITCHAK vit et travaille en France, près d’Annecy. Il a été nommé Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres en 1987. C’est également un chercheur et un théoricien talentueux qui participa au tout début de l’aventure d’un centre d’art hors du commun, le Centre International de Recherche sur le Verre et les Arts plastiques, aujourd’hui implanté à Marseille.

Il est reconnu comme l’un des artistes verriers les plus créatifs de notre époque. Ses oeuvres sont présentes dans plus d’une cinquantaine de collections publiques et de très grands musées en France, Allemagne, Australie, Belgique, Chine, Hongrie, Japon, Pologne, Slovaquie, Suisse, Tchéquie, Ukraine et USA. Depuis 1973 l’artiste a réalisé plus de 80 expositions personnelles en Europe, aux USA et au Japon. Il est le lauréat de prix internationaux prestigieux.

« Cet artiste passionné du cosmos nous offre ses sculptures de lumière qui, tels de précieux écrins, emprisonnent dans le cristal de fugitifs éclats incandescents, ramenés d’un hypothétique voyage intergalactique. Les fulgurances poétiques de l’artiste évoquent la grande explosion originelle de notre monde : Jan ZORITCHAK apparaît dès lors tel le chef d’orchestre d’un big-bang imaginaire. »

WEIREY

Sa maison de Seine et Marne, pleine de couleurs exubérantes, de musique et de chansons, reflète sa démarche artistique : Chantal WEIREY veut nous apporter un peu de gaité. Et, face aux questions qui tentent de l’entraîner sur le sens philosophique que porteraient ses créations, elle ne se départit pas d’une grande simplicité, et se protège derrière des arguments techniques.
Tout au plus concède-t-elle « un rapport étroit à l’enfance, et au monde naïf. Mais pas seulement naïf. Le monde un peu doux, aux formes un peu rondes, le monde maternel. »
« Je me sens toujours très proche des enfants. Peut-être que je suis encore, bien que mes enfants soient depuis longtemps des adultes, très proche de l’enfance ». Si quelques oeuvres s’apparentent manifestement au fantastique, la plupart de ses sculptures s’inscrivent en effet dans un monde très homogène, qu’elle qualifie de « cour de récréation ».

De nombreux croquis préalables, avec des dessins de face, précèdent la réalisation des sculptures en terre. Celles-ci font appel à des techniques variées, boule, colombin, plaque et estampage, souvent associées. Puis, après un temps de séchage très long et cuisson, les sculptures reçoivent émaux, engobes ou patines.
Tout au long de ce processus, le choix des formes et des couleurs privilégie l’humour et la simplicité. Naissent ainsi des personnages aux têtes rondes et plates, à michemin entre dessin en relief, silhouette de Keith HARING et emoticon de nos smartphones.

Chantal WEIREY est née en Algérie, où elle a passé son enfance. Sa passion pour le dessin la conduit à l’Académie Charpentier de Paris, où elle exécute de très nombreux fusains. Puis à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Appliqués et des Métiers d’Art, où elle se spécialise en céramique, avant de devenir la collaboratrice de Jacques BLIN. Elle crée enfin son propre atelier et se consacre parallèlement à l’enseignement du dessin.

L’artiste a participé au mouvement Figuration Critique, qui s’oppose aux diktats officiels favorisant un art conceptuel au mépris du figuratif. Elle est par ailleurs sociétaire du Salon d’Automne de Paris.

WATANABE

Mikio WATANABE est né en 1954 au Japon. « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé les techniques singulières, les rituels qui se transmettent de maître à élève, les secrets qui ne se livrent qu’après plusieurs années de combat. De mon enfance à Yokohama et de mon adolescence à Tokyo, je ne retiendrai que quelques épisodes bien précis : l’odeur des copeaux dans l’atelier de mon père, artisan-menuisier, le ciselé des contours, l’exactitude du geste qui mène de l’entaille à l’empreinte. » Ce goût pour le travail manuel et les outils n’exclut pas celui pour la peinture occidentale à l’huile (Véronèse, Vermeer, Velasquez) et les clairs obscurs. Mais il perçoit le moule des Beaux-Arts japonais comme un frein à la création. Diplôme d’arts plastiques en poche, à 22 ans, il part.

Son long voyage fait étape en France. Il s’y sent bien et en 1979 s’y installe pour peindre. Il découvre et apprend la gravure. La technique fastidieuse et très délicate de la manière noire, dont il apprécie la douceur, va faire sa réputation. Ce procédé extrêmement difficile exige de graver intégralement la plaque de cuivre pour obtenir le fond uniformément noir de l’image. Il faut ensuite écraser méticuleusement certaines des zones gravées, afin de faire apparaître des gris et des blancs. En procédant ainsi, l’artiste suscite la lumière, laquelle viendra modeler le corps, le sculpter presque. Là où le burin et l’eau-forte produisent un trait tranchant et précis, la manière noire confère à l’image une trame soyeuse. Le grain si particulier de cette technique associé à celui du papier qui reçoit l’encre à l’impression donne à ses oeuvres un rendu photographique.

« Je ne représente pas les visages pour éviter toute narration : ce sont les lignes, les formes qui m’intéressent et qui priment sur la représentation du corps. » Loin des carcans publicitaires occidentaux, l’esthétique pleine d’une pudeur de ces nus féminins se conçoit comme une élévation au sens de la philosophie bouddhiste. A cette ode à la femme s’est ajoutée progressivement une célébration de la faune et de la flore, colorée, précise et poétique.

L’artiste vit et travaille en Bretagne et à Paris. Ses oeuvres, qui ont reçu de nombreux prix, ont fait l’objet depuis 1983 de plus de 120 expositions personnelles, au Japon, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Espagne, en France, en Suisse, au Canada, aux Etats-Unis. Outre la Bibliothèque Nationale de France, elles sont présentes dans des collections muséales en Bulgarie, Espagne, France, Etats-Unis, Malaisie et Russie.

WANG

Suo Yuan WANG est né en 1978 en Chine. Formé à l’incrustation de diamant pour la joaillerie, il commence à travailler à l’usine de diamant de Shanghai. S’il bifurque rapidement vers le graphisme publicitaire puis le design d’art décoratif, cette expérience lui donnera une dextérité précieuse dont on retrouve la marque dans ses gravures.

C’est en 2002 qu’il part en France pour prolonger ses études d’art. Mention très bien pour son diplôme de gravure aux Beaux-Arts de Versailles. Et les années de gravure s’enchaînent depuis une douzaine d’années ; l’artiste, peintre et graveur, vit et travaille toujours à Paris.

Illustrant la signification des deux caractères qui composent le prénom Suo Yuan, respectivement exploration et source, l’oeuvre de l’artiste recèle un questionnement philosophique, une exploration des sources de la vie qui irrigue son expression artistique.

« L’inspiration jaillit d’un point, d’un trait d’encre, d’une goutte d’huile associée aux pigments minéraux, d’un papier artisanal, d’une feuille ou d’une écorce ». Dans la série des Lunes Noires, au centre du cercle, symbole de l’infini, le dessin s’appuie sur un point. De là il se développe, trait après trait comme on compose des mots, lettre après lettre, jusqu’à ce que la plaque métallique soit complètement remplie par ces écrits. Et l’image de la plaque précédente devient le point de départ de la suivante.

Tout aussi complexes, les « Penglai », du nom d’une île qui fait partie des terres d’immortalité du taoisme, déroulent un seul trait ininterrompu sur toute la gravure. Tour de force encore enrichi dans les « Red Line » en intégrant à l’oeuvre un fil de coton rouge qui joint deux graphismes jouant du positif et du négatif.

Suo Yuan WANG a déjà reçu de nombreux prix : 1er prix de la Biennale Miniprint de Dreux et prix de la société des Auteurs Dans les Arts Graphiques et Plastiques en 2016, prix de la Jeune Gravure du Salon d’Automne 2015, mention d’honneur Carmen Arozena à Madrid et prix du Salon des Beaux-Arts de Garches en 2011, distinction Gravix en 2007, 2011 et 2017.

Ses eaux-fortes épurées et rigoureuses ont été exposées en Californie, au Canada, en Chine, en Corée du Sud, en Espagne, en France, en Italie, au Portugal et en Roumanie.

WAMBEKE

Sandre WAMBEKE est titulaire d’une maîtrise de l’esthétique de l’art. Elle a été pendant une quinzaine d’années comédienne, accessoiriste, marionnettiste, puis se consacre à la peinture depuis 2000. Elle vit à Paris.

Après une première période dédiée à la peinture à l’huile, Sandre WAMBEKE privilégie désormais les effets de matière : les toiles d’origine sont découpées sans schéma de référence ; elles sont ensuite recomposées et redéfinies en ayant recours à des techniques mixtes, mobilisant l’huile, l’acrylique, la résine, la cire, les craies, les fusains, les pastels et l’encre sur toile.

Des couleurs très spéciales amplifient ces différentes épaisseurs et donnent au lecteur capacité à prolonger l’interprétation de formes suggérées et incomplètement figuratives.

Ces oeuvres étranges veulent stimuler l’imagination, au même titre que les interventions artistiques de Sandre WAMBEKE en milieu psychiatrique ou les installations luminocinétiques qu’elle a créées au cours des dernières années.

VON WREDE

Elisabeth VON WREDE est née en Allemagne en 1968. Influencée par les artistes de son pays comme Heinz MACK et Günther UECKER, que côtoyait sa famille, elle étudie et découvre la peinture auprès de l’artiste japonais Keiji UEMATSU durant plusieurs années.

Arrivée en France, elle multiplie les formations comme la reliure d’art ou la peinture sur cuir auprès d’artistes comme la hongroise Sün EVRARD et le français Florent ROUSSEAU. Suite à une formation auprès de Thibault DE RÉIMPRÉ, elle choisit de se consacrer pleinement à la peinture. Depuis 1989, elle vit et peint en Touraine, et expose dans des galeries françaises et belges. Nous l’accueillons pour la seconde fois à la Galerie MAZNEL, avec, dans le prolongement des huiles sur toile, une oeuvre sur aluminium.

Elisabeth VON WREDE « travaille à l’ancienne, avec une vraie construction et des couches successives, comme une peinture figurative sauf que c’est de l’abstrait ». Elle fait appel au pigment, au feutre, à l’huile, et calme ses couleurs fortes par des blancs qu’elle y superpose au couteau. Elle nous livre des oeuvres très lumineuses et fortement structurées, de plus en plus vastes. Leur impact décoratif séduit le spectateur sans qu’il ait même besoin de s’interroger sur la genèse de ces créations.

Le parcours éclectique de l’artiste donne un certain nombre de clés. Il permet notamment de situer sa peinture par rapport aux maîtres prestigieux auxquels elle se réfère : le contenu des fenêtres multicolores rejoint l’abstraction lyrique dont Thibault DE RÉIMPRÉ est proche ; la charpente blanche joue des effets de la lumière sur les écrans transparents de Heinz MACK, et son contraste avec les couleurs s’associe à l’opposition de Keiji UEMATSU entre nature et architecture ; l’impression globale enfin n’est pas sans lien avec les recherches cinétiques dont Günther UECKER s’est fait le spécialiste.

L’analyse dépasse la peinture et englobe les autres formes d’art pour lesquelles Elisabeth VON WREDE se passionne. Ainsi les tableaux de sa série des « Secrets » incorporent un texte dont l’artiste laisse entrevoir quelques passages. On retrouve dans ce lien revendiqué entre le sens et la perception la vision de Sün EVRARD pour la reliure comme mode d’expression à part entière en plus du texte qu’elle protège. Quant à Florent ROUSSEAU le prix Liliane de Bettencourt pour l’Intelligence de la Main avait salué sa technique d’impression d’une phrase forte d’un livre dans la peau-même de sa reliure : de même les « Secrets » intègrent dans une peinture l’écrit à l’esthétique.