KORNILOFF

Peintre, illustrateur, peintre sur céramique, auteur, Vadim KORNILOFF est né en 1972. Le décor de son logis-atelier à Metz témoigne de l’éclectisme de sa culture. Autodidacte, il expose un peu par hasard pour la première fois, à Beyrouth en 2007, puis à New-York, Paris, en Lorraine, au Luxembourg, en Allemagne et en Russie. Il est lauréat en 2019 du prix Aralya/ArtCité.


Ses œuvres, encre de petits formats ou acrylique aux tons soutenus, présentent souvent des couples, anxieux ou déformés dans des postures de complémentarité ou d’opposition, avec une exagération qui donne un aspect étonnant voire humoristique à ses compositions. Des personnages pensifs ou rigolards se contorsionnent en compagnie de chiens ou d’oiseaux, comme contraints entre les limites de la toile. Otto DIX n’est pas loin. Les Pieds nickelés non plus.

Mais ses origines russes le rapprochent aussi de la poésie d’un CHAGALL ou de la provocation d’un Serge GAINSBOURG. A preuve, son initiative d’un mouvement “WC National” : l’objectif était de promouvoir l’exposition de toiles dans les toilettes de restaurants, pour contester l’hégémonie de l’art conceptuel dont l’urinoir d’un Marcel DUCHAMP est devenu l’emblème…

Il adore les lettres et se plaît manifestement à noircir les pages ou les écrans pour pourfendre, avec des idées très arrêtées, tout ce qu’il estime devoir être dénoncé.

C’est un boulimique de la création. « Je produis beaucoup, cela va très vite. Comme un enfant ». Il affirme pratiquer un dessin automatique, travailler à l’instinct et interpréter ses créations après coup.
« Je me garde de toute intention, du moins celle qui comprend une volonté d’introduire dans le contenu de mes dessins ou peintures des messages ou autres revendications existentielles ou réelles ».

Vadim KORNILOFF vient d’adapter en bande dessinée un roman d’Ivan GONTCHAROV, dont il dit que l’anti-héros “incarne une forme de résistance par la paresse à une modernité très dure et survoltée : c’est Platon en peignoir !”.
Toute ressemblance, etc…

CITRON

Le pastel, c’est du pigment, associé à une charge, le kaolin et le tout est lié par une colle. “Sur mes 600 bâtons, je n’en utilise peut-être que 20 à chaque fois mais je dois être libre de choisir toutes les stratégies possibles car il y a des stratégies pour rendre une ambiance : il y a la qualité du pigment, la dureté du bâton et puis la manière de fixer le pastel pour obtenir ensuite par la deuxième couche une superposition qui ne se mélangera pas à la couche du dessous. La question de la superposition des couches est centrale : elle met en évidence la nature opalescente du pastel, c’est-à-dire translucide comme la porcelaine, entre la transparence et l’opacité.”

“Concert, ce soir. Debout dans la pénombre, un homme travaille, entouré d’innombrables bâtonnets. Il peint au pastel, sur le vif. Non pas la réalité de ce que chacun peut voir, mais celle de sa vision à lui, de la vision que suscite la musique qu’il écoute. Il lui faudra en avoir terminé lorsque les derniers sons se seront dissipés sous les voûtes. Urgence du coup d’œil, spontanéité de la technique ” (Gilles CANTAGREL). Thierry CITRON ne peint généralement pas dans son atelier. Et si la musique est de BACH, ce n’est pas un hasard.

Face à un motif, je veux “regarder sans voir, sentir sans regarder et mettre mon savoir-faire en route dans une attitude quasi instinctive. Je cherche à simplifier à l’extrême les plans et les perspectives, les ombres et les lumières”.  Ce préambule technique ne résoud pas pour autant la question du choix entre rendus figuratifs ou pas, entre lesquels l’artiste avoue balancer.
Au terme de ce travail, “la scène ou le paysage pourra  être vu par le peintre et le regardeur comme une « chose » finie qui va parler. Elle peut ne pas dire la même chose au peintre et au regardeur, les uns et les autres mettent en relation leur imagination, leur culture, leur histoire et greffent l’interprétation poétique qu’ils souhaitent. Le tableau vit  et parle de lui-même. Il condamne  le peintre au silence”.

Né en 1953, autodidacte, Thierry CITRON expose depuis près de 40 ans. Médaille d’Or du Salon des artistes français, médaille d’argent de la Ville de Paris, prix ArtCité au Salon d’automne 2013, prix Art en Perche 2019. Il est l’un des maîtres du pastel.

MAKOSSO

Maguy Makosso aime jouer avec les couleurs. Des verts des forêts de son enfance aux jaunes ocrés de son adolescence, des bleus des mers du sud aux rouges des soleils couchants, elle tire la quintessence de son vécu et nous entraîne à travers ses oeuvres dans un itinéraire où tonalités, teintes et nuances explosent en un bouquet chromatique sans pareil. Chacune de ses peintures raconte une histoire, évoque un moment, pérennise l’instant sans pour autant le figer. Son trait cerne l’objet, ren- force le personnage, anime les représentations. Ses peintures font la part belle au monde animal et à son environnement, mais aussi aux femmes dans leur vie de tous les jours. L’interaction des formes aux coloris et la précision du pinceau offrent quelques chose d’unique en matière de lumière. Les couleurs s’affrontent, se juxtaposent, se marient et les compositions prennent vie.

GALLOIS

Roubaix n’a pas perdu son caractère d’ancienne cité industrielle, mais elle fait peau neuve, entre maisons de maître et filatures de coton réhabilitées. La superbe piscine art déco s’est métamorphosée en un musée emblématique. Et l’ancien tissage Craye devenu La manufacture est un musée vivant où retentit quotidiennement le bruit des métiers mécaniques.

Virginie GALLOIS assume cet héritage : au coeur de la ville son atelier témoigne des possibilités de reconversion urbaine, et ses oeuvres évoquent la beauté des riches collections de textiles roubaisiens.

L’artiste est née en 1965 à Lille, où elle a suivi un cursus universitaire d’arts plastiques. Ses activités de plasticienne l’impliquent aujourd’hui auprès de publics multiples, pour des créations visuelles de commande, des performances artistiques ou des projets d’animation culturelle complexes pouvant intégrer photo et video. 

Peinture acrylique et encre sur papier, toile ou bois, sa pratique privilégie avec éloquence la couleur. Cercles rouges, plages jaunes et des nuances presque illimitées entre le bleu et le vert.

A première vue abstrait, son travail pictural s’attache en fait à évoquer des lieux qui, tout en étant imaginaires, ont un rapport direct avec le paysage.

“J’entrelace des lignes pour évoquer l’une des activités les plus anciennes de l’humanité, le tissage. Je peins des espaces graphiques et picturaux. Microcosmes à la fois chaotiques et organisés, ces « paysages » s’expriment dans la multitude, la profusion. Je décris un monde métaphorique qui semble provenir de l’infiniment petit.”

Les titres des œuvres, répétés et numérotés, illustrent cette approche. A côté des “paysages sédimentaires” ou “entrelacés” s’accumulent les ”œckoumènes” : ce vocable grec renvoyait à la terra cognita, la terre connue ; puis il s’élargit à l’ensemble des milieux habités par l’être humain.

DAUTHUILLE

Le travail de Stéphane DAUTHUILLE fait appel au dessin et à la gouache sur papier, qu’il enduit ensuite d’un mélange à chaud de paraffine et de cire, puis qu’il maroufle sur toile. Cette technique mixte confère à ses œuvres velouté et transparence

« Je suis peintre dessinateur, plutôt que peintre tout court. La ligne, le trait, la composition, les rythmes sont les éléments de base de ma pratique. Un très bon dessin ressemble à une improvisation dans un numéro de trapèze (en moins dangereux) : il se lance dans le vide, chaque trait s’accroche au précédent sans défaillance, et le dessin s’achève, le coeur battant et de crainte et de joie. Mais la plupart des bons dessins sont un mélange de fulgurance et de labeur. J’aime dans le dessin l’illusion démiurgique : un trait altère radicalement le vide sans pour autant le détruire.»

« Je cherche à conserver une voie libre, tout en voulant faire un art domestique, destiné à vivre avec. Pour moi, la peinture se navigue plus qu’elle ne se maîtrise, je bricole avec art et sans savoir-faire, ou le contraire. Je ne suis pas toujours content de moi mais je suis inlassable. Pratiquement il y a dans ce métier quelque chose qui tient du surf, dans l’importance égale de recommencer et de parfois trouver le bon fil, la belle course.»

Femmes diaphanes aux coiffes insolites, chaises vides ou carrelets colorés peuplent son univers étrange et paisible. Des jupons pastel y tournoient, empreints de la même légèreté mystérieuse.

Stéphane DAUTHUILLE est né en 1965 à Saint Malo. Il a étudié à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Rennes. Il vit en Bretagne et y travaille en pleine campagne.
Il expose depuis 2006, en France, en Belgique, aux Etats Unis et à Taïwan. Grand prix du Salon Mac 2007, prix Azart 2008.

LETELLIER

Ce n’est pas pour fabriquer un support que Jean-Michel LETELLIER travaille la fibre de kozo, le mûrier à papier : c’est pour en faire directement une création contemporaine en cellulose. Très peu dans le monde s’expriment de la sorte. Avec sa femme Miki NAKAMURA, l’artiste est peut-être le seul hors d’Asie à mettre au point les techniques manuelles très simples qui feront du geste de fabrication de la pâte à papier un acte créateur d’art.

Jean-Michel LETELLIER est né en 1954. Le papier n’est tout d’abord pour lui qu’un support de ses encres, dessins à la cire et pliages.
Mais ses différents séjours au Japon vont le mettre sur la voie d’un graphisme puisé dans le seul jeu de la matière. Son parcours le mène auprès de Minoru Fujimori, « Trésor national vivant » papetier dans l’île de Shikoku, puis comme lauréat à la Villa Kujoyama, l’équivalent de la Villa Medicis au Japon, et enfin dans la province d’Echizen, célèbre pour son papier traditionnel renommé depuis le 8ème siècle.

De retour en France, le destin est scellé : la feuille de papier se fera sculpture.

Quelquefois de très grand format (jusqu’à 3m50), l’essentiel de l’oeuvre est réalisé au moment de la fabrication du papier. Jouant sur la projection d’eau, l’épaisseur, la transparence, l’absence de matière, la coloration par des ocres, le papier se noue en rhizomes, des terres noires remplacent l’encre de chine, l’inclusion de ficelle lui permet les volumes.
Travail lyrique – herbes folles, graminées ou cieux chargés de lourds nuages – ou expression abstraite – le vide, l’absence de matière créent le dessin -, ces créations uniques se dévoilent aussi bien encadrées classiquement que simplement suspendues pour conserver la légèreté et la souplesse de la matière.

Jean-Michel LETELLIER vit et travaille près d’Angers, dans une ancienne fabrique d’allumettes réhabilitée.

Depuis 2001, il expose son travail dans de nombreuses galeries en France comme à l’étranger (Londres, Genève, Riga, Osaka) et dans des musées (Valence, Allemagne, Japon, Lituanie). Sa femme et lui ont participé au Festival des Jardins à Chaumont sur Loire en 2010, et été invités d’honneur de la Société Nationale des Beaux-Arts en 2018 à Paris.

En japonais le mot kami signifie à la fois dieu et papier. Les Japonais correspondent avec les dieux en écrivant de petites phrases dans des papiers pliés et accrochés dans les arbres.

WAMBEKE

Sandre WAMBEKE est titulaire d’une maîtrise de l’esthétique de l’art. Elle a été pendant une quinzaine d’années comédienne, accessoiriste, marionnettiste, puis se consacre à la peinture depuis 2000. Elle vit à Paris.

Après une première période dédiée à la peinture à l’huile, Sandre WAMBEKE privilégie désormais les effets de matière : les toiles d’origine sont découpées sans schéma de référence ; elles sont ensuite recomposées et redéfinies en ayant recours à des techniques mixtes, mobilisant l’huile, l’acrylique, la résine, la cire, les craies, les fusains, les pastels et l’encre sur toile.

Des couleurs très spéciales amplifient ces différentes épaisseurs et donnent au lecteur capacité à prolonger l’interprétation de formes suggérées et incomplètement figuratives.

Ces oeuvres étranges veulent stimuler l’imagination, au même titre que les interventions artistiques de Sandre WAMBEKE en milieu psychiatrique ou les installations luminocinétiques qu’elle a créées au cours des dernières années.

VON WREDE

Elisabeth VON WREDE est née en Allemagne en 1968. Influencée par les artistes de son pays comme Heinz MACK et Günther UECKER, que côtoyait sa famille, elle étudie et découvre la peinture auprès de l’artiste japonais Keiji UEMATSU durant plusieurs années.

Arrivée en France, elle multiplie les formations comme la reliure d’art ou la peinture sur cuir auprès d’artistes comme la hongroise Sün EVRARD et le français Florent ROUSSEAU. Suite à une formation auprès de Thibault DE RÉIMPRÉ, elle choisit de se consacrer pleinement à la peinture. Depuis 1989, elle vit et peint en Touraine, et expose dans des galeries françaises et belges. Nous l’accueillons pour la seconde fois à la Galerie MAZNEL, avec, dans le prolongement des huiles sur toile, une oeuvre sur aluminium.

Elisabeth VON WREDE « travaille à l’ancienne, avec une vraie construction et des couches successives, comme une peinture figurative sauf que c’est de l’abstrait ». Elle fait appel au pigment, au feutre, à l’huile, et calme ses couleurs fortes par des blancs qu’elle y superpose au couteau. Elle nous livre des oeuvres très lumineuses et fortement structurées, de plus en plus vastes. Leur impact décoratif séduit le spectateur sans qu’il ait même besoin de s’interroger sur la genèse de ces créations.

Le parcours éclectique de l’artiste donne un certain nombre de clés. Il permet notamment de situer sa peinture par rapport aux maîtres prestigieux auxquels elle se réfère : le contenu des fenêtres multicolores rejoint l’abstraction lyrique dont Thibault DE RÉIMPRÉ est proche ; la charpente blanche joue des effets de la lumière sur les écrans transparents de Heinz MACK, et son contraste avec les couleurs s’associe à l’opposition de Keiji UEMATSU entre nature et architecture ; l’impression globale enfin n’est pas sans lien avec les recherches cinétiques dont Günther UECKER s’est fait le spécialiste.

L’analyse dépasse la peinture et englobe les autres formes d’art pour lesquelles Elisabeth VON WREDE se passionne. Ainsi les tableaux de sa série des « Secrets » incorporent un texte dont l’artiste laisse entrevoir quelques passages. On retrouve dans ce lien revendiqué entre le sens et la perception la vision de Sün EVRARD pour la reliure comme mode d’expression à part entière en plus du texte qu’elle protège. Quant à Florent ROUSSEAU le prix Liliane de Bettencourt pour l’Intelligence de la Main avait salué sa technique d’impression d’une phrase forte d’un livre dans la peau-même de sa reliure : de même les « Secrets » intègrent dans une peinture l’écrit à l’esthétique.

VEILHAN

Bien sûr les toiles de Cécile VEILHAN nous parlent immédiatement. Pour leur inspiration puisée systématiquement dans la vie quotidienne, qui est le monde de chacun d’entre nous. Pour leur saveur de l’enfance dans laquelle nous nous replongeons avec émotion. Pour la tendresse de l’univers féminin, la candeur des fillettes, la douceur des maternités, la grâce des étoffes, le refuge des sourires et des rêves. Pour un bonheur familial idéalisé dont nous portons l’attachement.

Mais cette sensibilité si proche de la nôtre se double de références culturelles que nous y lisons, plus ou moins consciemment, et qui emportent l’adhésion. « J’ai été profondément touché par vos toiles. J’ai retrouvé la rondeur d’un BOTERO, la lumière d’un MODIGLIANI et la délicate féminité d’un TAKANO. »

Cécile VEIHAN est née en 1965 à Nantes, où elle vit toujours. Dès son plus jeune âge elle est passionnée par le dessin et la peinture. S’enchaînent une année de stage techniquement très fructueuse à l’atelier nantais du Marais, et un essai aux Beaux-Arts de Bordeaux. Puis elle part à Paris se frotter à l’illustration, dont l’influence se reconnaît toujours dans son expression artistique. Forte de cette formation, elle entreprend un long voyage en Inde. Elle en rapportera un rapport affectif à la couleur : les nuances subtiles ou éclatantes sont aujourd’hui l’une des caractéristiques de son art.

C’est à son retour qu’elle se met à peindre assidûment, sans pour autant montrer encore son travail. Enfin en 1994, à 29 ans, elle expose pour la première fois à Nantes. Et sa peinture raffinée rencontre le succès. L’artiste expose actuellement en galerie en France, notamment en Bretagne et à Paris, ainsi qu’à l’étranger.

Adepte de la technique mixte, elle aime marier l’acrylique, le pastel et l’huile, tout au long d’un travail particulièrement fécond et cohérent. Sélectionnées sur la production de 2 années seulement, les 130 illustrations du livre « Cécile Veilhan, la tête ailleurs » se répondent en effet. « Peindre mes personnages me met en gaieté » : on se rend vite complice de cette joie créatrice, qui se reflète dans une peinture rassérénante.

VASSAIL

Jacqueline VASSAIL est née dans le sud de la France, dans une famille où l’art tient une place importante, et a suivi des études de psychologie.

Autodidacte, elle s’est initiée à l’aquarelle, au fusain, au pastel, à l’acrylique, et à la peinture à l’huile. Au début des années 1970, ses premières toiles, abstraites et très colorées, reflètent la lumière languedocienne de sa jeunesse près des Cévennes et de la Méditerranée.

A partir de 1982 son expression change : elle mêle abstraction et figuration, pose la couleur en aplats, comme dans un vitrail, et travaille au couteau. Elle se consacre progressivement aux natures mortes, avec un style aux formes très épurées, et entreprend des séries sur les bouteilles, les pots, les vases de fleurs et les coupes de fruits. La couleur joue chez elle un rôle très spécifique : les tonalités souvent vert mousse ou rouge profond qu’elle choisit sont contenues dans des surfaces strictement limitées, et apportent un contraste fort et structurant avec les blancs, gris et noirs de ses compositions.

Depuis le début de sa carrière, les oeuvres de Jacqueline VASSAIL ont été présentées dans plus de 200 expositions, essentiellement en région parisienne et dans le sud de la France, et ont reçu une quarantaine de prix et distinctions. Sociétaire de la Fondation Taylor depuis 2011 et de la Société Nationale des Beaux Arts depuis 2014, l’artiste a été récemment invitée d’honneur au 50ème Salon de Châtillon.