Parmi les différentes techniques de la gravure, qui est un procédé d’impression que ce soit
« en creux » (burin, pointe sèche, eau forte et aquatintes) ou « en relief » (xylographie, linographie, gerflex…), la manière noire ou mezzotinto occupe une place à part.
Ce procédé difficile exige de préparer intégralement la plaque de cuivre, pour obtenir le fond uniformément noir de l’image, un noir profond qui est son apanage. Puis, avec quelque masochisme au regard de cet effort très laborieux, de polir méticuleusement certaines des zones gravées, afin de faire apparaître des gris et des blancs. En procédant ainsi, l’artiste suscite la lumière, laquelle viendra modeler voire presque sculpter son sujet.
Démarche originale, la manière noire se déroule donc du noir vers le blanc, alors que les autres techniques révèlent un sujet noir qui éclot sur un fond blanc.
En France, les graveurs de manière noire sont rares. Cette technique, inventée en Allemagne en 1642, a surtout été développée en Angleterre aux siècles suivants. Les Japonais gravent aussi en manière noire car elle correspond à une finesse de dessin détaillé qu’ils recherchent.
Manuel Jumeau résume son cursus de façon lapidaire : 20 ans d’apprentissage et 30 ans de pratique pour créer plus de 150 gravures. Diplômé d’une maîtrise en Arts plastiques sur cette technique, professeur d’arts plastiques de la Ville de Paris, il a reçu la médaille d’or des Artistes de la Ville de Paris en 2011 et la médaille d’honneur du Salon des artistes français en 2018.
L’artiste réside à Paris.
Se décrivant comme graveur de l’imaginaire, il assume avec passion les contraintes lourdes de sa technique car « rêver c’est vivre sans fatigue »…

