MONGLOUX Jean-François

Présence animale et illusion de la matière.

Avec les sculptures de Jean-François MONGLOUX, la légèreté du papier défie la densité de la pierre ou du bronze.
Un travail minutieux d’enduits, de ponçages, de textures, de patines et de vernis confère au papier l’aspect du bronze ou la puissance de la pierre brute, et parvient à donner corps à la présence expressive d’animaux sauvages. L’artiste sait capter la posture exacte, la tension d’un mouvement, la fluidité d’une ligne ou l’intensité d’un regard : le chimpanzé, la lionne, le gorille, le loup établissent avec le visiteur un face à face à la croisée de l’équilibre et de l’énergie.

« Donner au papier la force minérale de la pierre ou la noblesse du métal, tout en saisissant la vivacité d’un regard. »
L’artiste ne recherche pas une fidélité anatomique absolue mais la révélation d’une émotion animale quasi humaine.

Parallèlement à ces œuvres uniques, l’artiste a mis sa passion au service de publics en difficulté pour une entreprise d’insertion. Il développe et adapte dans ses ateliers artistiques les multiples techniques à mettre en jeu collectivement pour faire aboutir ses projets : sculpture, dessin, peinture, vidéo, confection de costumes, élaboration de décors constituent en quelque sorte le prolongement de sa pratique d’artiste.

Jean-François MONGLOUX est régulièrement présent dans le paysage artistique picard.

CHERADE Laurence

La mer peinte par Laurence CHERADE, ce n’est pas une photo que l’on regarde, c’est une boule d’énergie qui vous embarque.

L’artiste a passé sa jeunesse sur les côtes du nord-ouest de la France. Elle en a gardé une fascination pour les éléments maritimes, qu’elle restitue avec la minutie apprise au cours de ses études aux Beaux-arts et sa pratique de la peinture miniaturiste. Sa maîtrise de la peinture acrylique permet de traduire le déferlement des vagues, le relief de l’écume et la profondeur de l’eau.

Mais ce n’est pas tant l’aspect descriptif d’un réalisme saisissant qui la motive que la puissance de la mer et les mystères de la lumière et du vent. La mer qu’elle célèbre est totalement sauvage ; elle ne la conçoit que démontée, rugissante sous des ciels menaçants. Le contraste entre les zones d’ombre au creux des vagues et la lumière de l’écume établit un dynamisme dramatique. Les lignes de force diagonales capturent la fulgurance d’une lame ou la violence d’une tempête qu’on ne peut contourner. La palette de bleus profonds, de gris sourds, de verts crépusculaires essaie d’étouffer les blancs éclatants qui jaillissent. Cette peinture réussit à rendre compte d’un mouvement inexorable et d’une force physique immédiate.

« Quand je peins, je navigue en solitaire ». Dans ce face à face le spectateur est saisi de la même émotion.

Laurence CHERADE vit et travaille à Paris.
Médaille de bronze Salon des artistes français 2025. Premier prix du jury Salon des arts du Vésinet 2025. Médaille d’honneur Biennale des beaux-arts de Rambouillet 2025. Premier prix de peinture Société académique arts sciences et lettres 2024.

CAMIER Liliane

“Voir, ressentir, interpréter”, telle est la devise de Liliane CAMIER pour conduire un art descriptif axé sur le végétal, dans une écriture du paysage qui revendique l’apport de l’oubli et de l’instinct.

Tout commence par des croquis sur le vif de feuilles, de fleurs, de formes végétales, frondaisons, sols et autres corolles.

De retour dans son atelier vient le temps de “l’inattendu dans le creuset de l’acte créateur” : la mémoire se laisse sublimer par l’émotion et la vitalité des couleurs. Parfois, les branches ou les feuilles d’un arbre finissent par ne représenter qu’un vaste réseau de lignes : les toiles se situent ainsi à la frontière entre figuration et abstraction mais gardent toujours la nature comme motif principal et la couleur comme vecteur. 

Formée à l’Ecole des Beaux-arts de Dijon, à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs et à l’Institut de l’Environnement à Paris, l’artiste a suivi un cheminement très complet, le dessin, la pâte à papier, les poèmes en tissu inspirés de la condition féminine, les dessins minimalistes à la plume où s’accrochent des bouts de phrase, l’engagement dans les collectifs de femmes plasticiennes, les livres d’artistes.
Elle a choisi de s’exprimer par la peinture : après une période vouée à l’abstraction, elle a opté pour un rendu figuratif de la nature, désormais exécuté à l’huile, qui lui laisse plus de latitude pour affiner son travail. 

Les œuvres de Liliane CAMIER ont été exposées en France, au Canada, au Japon, en Espagne et en Suède ; elles font parties de nombreuses collections particulières et collections publiques (dont celle de la bibliothèque du Centre Pompidou). La Galerie MAZNEL les expose pour la seconde fois.

BUTHIER CHARTRAIN Muriel

L’aquarelle paraît souvent à tort une technique plus accessible au néophyte que d’autres formes de peinture. Cette erreur d’appréciation répandue explique d’innombrables chromos sans inspiration. Car il n’est pas d’expression personnelle possible à l’aquarelle sans une maîtrise avancée de la technique. Les peintures de Muriel Buthier-Chartrain sont le fruit d’un travail continu de plus de 40 ans ; sa progression très aboutie leur confère un style propre, qui privilégie l’humide et le spontané.

L’artiste suggère atmosphères et émotions, sans se préoccuper des effets flatteurs ni chercher le pâle reflet de quelqu’un d’autre ou la caution d’une tendance. L’exécution vient après une longue méditation. Mais au moment de poser la couleur l’heure n’est plus à la réflexion, et la technique, aussi primordiale qu’elle soit, devient sous-jacente : l’artiste agit d’instinct, mobilisée sur ce qu’elle veut exprimer.

La Galerie Maznel a exposé plusieurs fois ses œuvres. Fidèles au jeu assez nordique de l’ombre et de la lumière, elles ont évolué, lentement, naturellement : de plus en plus épurées, elles tendent vers l’abstrait, étayées par une technique toujours en recherche, essentielle au développement de sa propre écriture. Elles incorporent en particulier des effets de textures peu répandus en aquarelle ; ces textures sont le résultat de la façon d’utiliser les couleurs en fonction des qualités des pigments qui les composent, de les travailler et de les associer.

Muriel Buthier-Chartrain, née en 1961, est autodidacte. Elle dessine et elle peint depuis toujours, et se consacre à l’aquarelle depuis 1981. Elle vit en Eure-et-Loir.

L’artiste a exposé depuis 1984 en France, mais a été également sollicitée pour des manifestations en Allemagne, Belgique, Espagne, Grèce, Italie, Lituanie, Slovénie, Suède, Australie, Canada, Chili et Chine. Elle a participé à d’innombrables manifestations artistiques et a accumulé de nombreuses distinctions, dont le prix du jury de la Biennale Internationale de l’Aquarelle de Namur en 2012. Elle fait partie du jury pour deux concours de peinture de l’International Watercolor Society.

PhilipKa

Comment décrypter ces photos de PhilipKa :

Les fleurs viennent de Normandie, où l’artiste les a cultivées ou cueillies, tout en citant Montaigne : “Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs”.

Les bouquets sont de sa composition.

Le thème n’est pas reconnu comme ”nature morte”, terme que l’artiste récuse pour privilégier l’appellation anglaise de “still life” ou “vie silencieuse”, une vision qui souligne la présence latente du vivant dans l’inanimé, aussi perçue comme une forme de calme introspectif, d’arrêt du mouvement, voire de méditation… Il immortalise la ”merveille de la nature, belle, fragile, flamboyante et éphémère”. Une façon de montrer qu’il y a de la beauté en toute chose et de partager cet optimisme.

Le style est présenté comme clair-obscur ou “ténébrisme en fleurs”. PhilipKa se plaît à jouer avec les lumières et les ombres : les volumes qui se détachent en pleine lumière sur les ténèbres qui les environnent rappellent en effet le ténébrisme du Caravage.

Les influences sont multiples. Ces portraits de fleurs s’inspirent bien sûr des natures mortes et des portraits des maîtres flamands et italiens. Mais ils assument leur modernité, au carrefour des pays qui ont façonné l’artiste :  le Togo paternel, pour la sensualité et le mouvement, la Russie maternelle, pour la poésie et la finesse, et, pour la légèreté, la France où l’artiste a fini par s’établir, tout d’abord comme juriste puis comme photographe professionnel.

Les photos sont généralement tirées en 3 exemplaires pour les plus grands formats (1m x 1.5m et plus) et en 7 pour les autres.

Les œuvres de PhilipKa ont été présentées en France et aux Etats Unis.
Son grand bouquet carré a remporté le premier prix du concours « Blooming » Cherrydeck Creators Awards.

Nell

Le monde de Nell semble fait de contrastes. Opposition entre matériau et inspiration. Dissonance entre parcours et terroir d’élection. Jusqu’à son nom, sans rapport avec son accent plutôt méridional.

L’artiste travaille l’acier. Mesurer, couper, plier, percer, souder, meuler : la construction d’un squelette solide et rigide. Autour de cette base dure, elle torture et façonne des tiges de métal à l’étau, élaborant la chair et la peau qu’elle viendra texturer et unifier. Le sculpteur peut enfin s’approcher de son but, une illusion de légèreté, un mouvement, un envol. Le matériau s’est effacé devant l’art du modelage, l’œuvre va éclore dès que le mouvement sera juste. 
La recherche du corps en équilibre, en mouvement, devient Jumping girl, La rebelle et le vent, Le coureur, Equilibriste, Spinning game… Ou bien elle s’approprie la musique ou la danse avec Violoncelliste ou Singing in the rain, inspiré de ses filles dansant sous la pluie.

Trouver l’endroit où Nell vit et travaille suppose une certaine patience. Les petites routes du causse du Quercy ont leurs secrets, qui protègent un terroir attachant et préservé, entre chênes et murs de pierres sèches.
Les repères du parcours de Nell sont éloignés de cette terre où elle est née : une formation à la ‘Norwich School of Fine Arts’ au Royaume Uni, suivie de cinq années d’études à ‘l’Accademia di Belle Arti’ de Bologne en Italie et d’une année à l’école des Arts d’Athènes, puis une maîtrise en sculpture à la ‘New York Studio School’.


Ce cursus d’exception s’est prolongé en expositions multiples en France, au Portugal, aux Etats Unis.

Si une dizaine de communes lui ont passé commande de sculptures monumentales, chacune de ces œuvres, tant aériennes que pérennes, est née dans cet atelier blotti entre Lot et Dordogne.

BRUANT Inès

C’est la deuxième fois que la Galerie MAZNEL présente les sculptures d’Inès BRUANT. En peu de temps son expression artistique a évolué et s’est élargi, avec un recours plus marqué aux couleurs, essentiellement primaires, et des créations abstraites qui viennent compléter son monde animalier. Mais le trait reste le fil conducteur de sa démarche.

Son bestiaire déploie des personnalités proches de l’humain. En s’appuyant sur leurs traits de caractère, le modelage de la terre étire les lignes de force des sculptures. La céramiste fait ainsi apparaître la beauté épurée des sujets, tout en les installant dans des postures ironiques, douces ou espiègles qui font leur charme. Les reliefs jouent avec la lumière et font vibrer les formes, dans un dessin particulièrement juste, qui sait au besoin assumer des composantes rêvées. 

Quant aux nouvelles sphères, elles laissent divaguer un décor à fort pouvoir évocateur, en suivant le trajet d’un trait unique qui s’enroule en symbolisant le chemin de l’existence. 

Inès BRUANT modèle depuis son plus jeune âge. Le grès est sa matière de prédilection, roux, blanc ou noir, légèrement chamotté. 

L’artiste vit en pleine campagne en Bourgogne. Autodidacte, elle a forgé son savoir-faire technique auprès de nombreux céramistes.

Prix sculpture du public Granges et Jardins Chevignerot 2025, Grand prix de peinture et sculpture Académie Boitiat Barbizon 2024. Prix Deyrolle du Salon national des beaux-arts 2023. Médaille d’argent Salon Orangerie du Sénat 2022. Prix de sculpture Fondation Taylor 2022. Médaille d’argent Maison culture du Japon du Salon national des beaux-arts 2021. Médaille de bronze et médaille d’argent jury invité Salon national des beaux-arts 2019.

REVEST Christian

Le style dépouillé de Christian REVEST se concentre sur le dessin, la couleur et la mise en scène. Son regard sur les espaces industriels portuaires exalte ces beautés à la fois vides et gigantesques, où le monde du travail a forgé des sites grandioses. 

Son approche picturale est paradoxale : entre dessin et peinture, entre gris et couleurs, entre détail technique et esquisse. Les œuvres laissent une vaste place au blanc du papier, marouflé sur toile. Le choix d’un support en papier, lisse et sans grain, tient à la passion de Christian REVEST pour le dessin, dessin d’architecture et industriel, qui sous-tend son travail.

Les cargos immenses aux couleurs éclatantes émergent d’un environnement de grisailles métalliques, fait de lignes et de constructions graphiques au crayon, à la pierre noire ou à l’encre. L’artiste utilise pour la couleur des crayons, des encres, de l’aquarelle, mais surtout de la gouache, qu’il mélange à de la colle pour accentuer son aspect mat et velouté.

Originaire de La Ciotat, Christian REVEST habite en Provence, non loin de la Camargue où sa passion pour les oiseaux rejoint ses talents d’aquarelliste.

Son expérience de plus de 20 ans comme peintre de toiles de théâtre et décorateur sur de nombreux films (Jean de Florette, Camille Claudel, L’amant, L’ange) lui a donné le goût des grands formats. Il a travaillé pour des noms à l’affiche de la scène française (Jérôme SAVARY, Marcel MARECHAL) et dans des théâtres célèbres (Odéon Marseille, Chaillot, Opéra Marseille, Théâtre de la Criée).

Artiste-peintre des ports, il a cédé de temps à autre à l’attrait du large, que ce soit en résidence sur la goélette Tara, destinée à la recherche scientifique et à la défense de l’environnement, ou en navigation au Groenland. Ce parcours en faveur des écosystèmes marins lui a valu d’être récemment invité à exposer au « 104 » à Paris. 

C’est la quatrième fois que la Galerie MAZNEL présente ses créations.

GRIVET Marie-Astrid

En réduisant les sujets à leur forme, les huiles sur toile de Marie-Astrid GRIVET font appel aux styles figuratif, cubiste et abstrait.

L’artiste peint des natures mortes, des roches, des escaliers ou des personnages, mais ce sont les perspectives qui comptent. La représentation des objets ou des lieux est finalement un prétexte pour se consacrer aux rythmes des verticales et des horizontales, aux croisements des courbes, des pleins et des vides. Le croquis au crayon cherche la composition autour de ces lignes.

La couleur viendra renforcer le jeu des lignes. Elle apporte une douceur à leurs mouvements, elle les dynamise par une proximité de tonalités qui sait se montrer audacieuse.

Le travail est lent : c’est l’apanage de l’huile, qui sèche lentement. Il autorise une approche par étapes et par strates, mettant en jeu pigments et huile solide en bâton, brosses, couteaux, glacis et degrés de dilution.

L’harmonie et l’équilibre seront le final de ce concerto de textures, très intériorisé et proche de l’abstraction.

Marie-Astrid GRIVET est diplômée en gestion et en arts plastiques. Elle travaille à Paris et en Corrèze.

Elle est membre de la Société des Artistes Français.

Ses œuvres ont rejoint différentes collections en Europe, aux Etats-Unis et à Dubaï.

CHALLIER Enrico

Docteur en sciences politiques devenu sculpteur, Enrico CHALLIER est avant tout un amoureux des arbres.
« Je pense que peu choses au monde sont plus belles qu’un arbre tout seul au sommet d’une colline. La silhouette hiératique, mais en mouvement perpétuel, d’un arbre a le pouvoir de m’émouvoir. Encore aujourd’hui, toujours. Depuis que j’étais un enfant j’ai observé, en silence, les arbres. Depuis lors, je les ai aimés de plus en plus et de cet amour profond vient le choix conscient de leur confier mon art. »

Il n’est donc pas étonnant qu’il vive à proximité immédiate des arbres, dans un petit hameau escarpé du Val Chisone à l’Ouest du Piémont italien. C’est dans ce refuge qu’il élabore ses sculptures polychromes.
« Suivre les lignes, les nœuds, les veines du bois et les harmoniser avec l’élégante sinuosité des courbes ou l’acérée tension des angles pour exalter la figure humaine, encore toujours – mais jamais assez – explorée. »

La femme est son héroïne quasi exclusive. L’écorce devient robe, jupe, chaussures rouges et vient habiller des personnages issus de ses nombreuses lectures. SHAKESPEARE, GOETHE, Pablo NERUDA, Paul ELUARD, et bien d’autres, leurs citations parsèment ses catalogues et inspirent les titres de ses œuvres.

Là où GIACOMETTI privilégierait une esthétique froide, CHALLIER s’en remet à la vitalité sacrée de l’arbre : lien physique entre terre et cosmos, « l’arbre assure la fécondité et la continuité de la vie au travers du cycle des saisons, comme la femme donne la vie et la protège. »

Il professe une vision presque mystique du geste du sculpteur : « J’ai une vision sculpturale de la vie. Ce qui est superflu tombe au sol, inutile, comme les copeaux des bois sous les coups de mon ciseau. »
L’artiste se fait philosophe. « Un vrai artiste peut dévoiler des vérités mystiques et doit professer sans cesse la recherche de la beauté, parce que la beauté seule nous sauvera.
Ne pas fermer les yeux devant la réalité mais la transformer, comme la matière des arbres est transformée dans mes sculptures. »                                                              

Enrico CHALLIER a reçu de multiples prix de sculpture en Italie.