DUMAS

Sortie des modes depuis le 18ème, la nature morte devient au XXème siècle un véritable instrument de recherches formelles, avec Cézanne puis les cubistes. La symbolique chrétienne a disparu, et la nature morte, devenue incontournable, se retrouve aussi bien chez les surréalistes que dans le pop art, voire dans le ready-made. 

Les natures mortes de Sophie DUMAS font écho à toute cette évolution. 

D’un côté son travail témoigne à l’évidence d’une maîtrise technique de haut niveau. On songe à l’excellence de Chardin.

De l’autre la mise en scène très contemporaine et l’équilibre s’apparentent à Morandi.

L’artiste affiche une sobriété marquée, dans des compositions très strictes de pots et flacons, accumulés telle une bibliothèque de formes et de couleurs dans son atelier au bord de l’Oise. 

Sa collection actuelle fait la part belle aux bleus et aux reflets, rehaussés par le jaune des citrons traditionnels de la nature morte.

« Avec la nature morte, j’ai choisi un langage qui explore patiemment et minutieusement la surface des choses. Par la contemplation du banal, par la transcription de la matière, par le jeu de la lumière et de l’espace, j’essaie de créer une illusion visuelle qui provoque un trouble de la perception. »

Sophie DUMAS est diplômée de l’Ecole d’Arts Graphiques Maximilien Vox. 

Présente en salons et galeries en Ile de France, elle revient pour la troisième fois à la Galerie MAZNEL.

DEBIEN

On peut déceler dans les œuvres de François DEBIEN l’influence des céramistes réputés auprès desquels il s’est formé : Philippe DUBUC, inspiré par les maîtres japonais, et Helena KLUG, spécialiste des émaux haute température. L’artiste aime pour ses pièces, y compris celles de grandes dimensions, les formes aux lignes tendues, qui restent élégantes et simples. 


Sa technique personnelle s’appuie sur un long et patient travail de recherche sur les émaux. Il attache en effet une grande importance à l’émaillage et au décor, auquel il confère une poésie légère, inspirée par la nature. 

Les émaux sont élaborés dans l’atelier. Leur cuisson dans le grand four à gaz est longue et dure entre 12 et 16 heures. 

Le céramiste s’est spécialisé dans les émaux Shino et les émaux transparents.

Les émaux Shino (émaux feldspathiques d’origine japonaise) sont utilisés pour peindre au pinceau des motifs naturels : oiseaux, arbres et animaux aquatiques y intègrent l’univers poétique de l’artiste. 

En ce qui concerne les émaux transparents, ils couvrent en couche plus ou moins épaisse le décor aux engobes : l’effet obtenu est une surface d’apparence craquelée, laissant paraître les motifs comme vus à travers une vitre ou la surface de l’eau. 


Toutes les pièces sont façonnées avec une argile à grès de la Puisaye, et cuites à deux reprises : d’abord un biscuit à 960° puis une deuxième cuisson à 1320°. Les jarres sont tournées, quelquefois en plusieurs parties pour les plus grandes. Les plats carrés et rectangulaires sont estampés dans des moules à partir de grandes plaques de terre, et les petites pièces sont tournées.


L’artiste vit dans un petit village en pleine campagne au sud de la Seine et Marne.
Ses œuvres ont fait l’objet d’expositions en galerie à Paris, Sèvres, Lyon, Saint Quentin la Poterie, Le Don du Fel Aurillac, Dieulefit et Deventer aux Pays-Bas. Elles ont été également présentées par le Musée de la Poterie à Saint-Émilion, le Musée Bernard Boesch à La Baule et le Musée Bernard Palissy dans le Lot et Garonne. C’est la troisième fois que la Galerie Maznel est heureuse de les accueillir.

DANSIN

Isabelle DANSIN privilégie le contact avec la nature, sa beauté, son silence. La cour de son atelier rassemble de multiples plantes et essences, qu’elle protège avec un soin permanent et qu’elle observe en y trouvant la source de nombre de ses inspirations.
L’arbre a longtemps été le sujet principal des recherches de l’artiste. Elle puise la base de son travail dans la forêt, les feuilles, les mouvements de la lumière et des saisons.
Puis c’est le retour au silence de l’atelier. A nouveau elle regarde, écoute ce qui se décante, un paysage intérieur émerge. « Peindre est pour moi un acte rituel. J’ai l’intuition d’un monde qui se révèle sous mes doigts, m’étonne. Le végétal s’impose. » A fleur de papier le dessin déploie sa ligne, la spirale d’une branche qui croît vers le ciel, la poésie d’une végétation légère aux couleurs naturelles.

Aux Arts Appliqués Duperré puis aux Arts Décoratifs à Paris, Isabelle DANSIN a étudié le textile, la laque, la peinture et l’art mural. Elle y a été particulièrement marquée par l’enseignement de Zao WOU-KI, illustrissime représentant de l’abstraction lyrique et lauréat entre autres du Prix Impérial de Peinture du Japon. Elle s’est également formée plus tard à la gravure.

L’artiste est une habituée des cimaises de la Galerie MAZNEL, où elle est exposée pour la 5ème fois. Cette présence reflète une évolution permanente de son art : tout en préservant la constance de son inspiration, elle sait réserver à son public la découverte successive de différents supports, gravure, estampe, collage, peinture.
Ses créations actuelles, en acrylique sur papier marouflé sur toile, proposent des harmonies subtiles et équilibrées ; les feuillages y dissimulent la faune mystérieuse de mythes oubliés.

Les œuvres d’Isabelle DANSIN sont exposées en permanence dans des galeries françaises. On les retrouve dans les collections du Ministère des Affaires Etrangères, et comme carton pour une tapisserie de la Manufacture nationale des Gobelins

BONTE

Déambuler en pensée dans les structures aériennes d’Isabelle BONTE, c’est l’invitation de la Galerie Maznel à Saint-Valery-sur-Somme.

Structure de son travail, le fil de fer est en acier recuit, brun au reflet bleuté. Nerveux et tendre à la fois, il se plie ou impose une direction que l’artiste suit avec curiosité. Pas de soudure, le fil est ligaturé. Il s’allie au plâtre, à la céramique ou à la tarlatane, une étoffe de coton à tissage ajouré et apprêté, utilisée pour les patrons en couture. La tarlatane teinte se transforme en cloisons discrètes ouvertes au vent. « Brun du fil, café de tarlatane, blanc de nuage. Le fil structure la fragilité, la tarlatane la révèle »

Et la lumière vient redéfinir la matière en révélant ombres et esquisses en lévitation. « Ne pas tout dire, créer l’essentiel et suggérer le reste. »


Partie de la gravure, il lui reste ces traits délicats dessinés sur le mur par l’ombre portée des œuvres.

Ses architectures sont modestes, des abris tout simples, des formes épurées. L’artiste avance ainsi sur les interrogations d’un monde qui se cherche : comment habiter autrement le paysage, quels rapports entretenir avec notre environnement, quels seront les nouveaux motifs du monde de demain.

 
Isabelle BONTE est diplômée des Beaux- Arts de Toulouse puis des Arts Décoratifs à Paris. Elle travaille en région parisienne.

Ses œuvres ont été exposées en Ile de France, à Lyon, à Nice, au Japon, en Grèce et en Suisse. La Galerie MAZNEL l’accueille pour la troisième fois.

BENOIT BASSET

Ses huiles revisitent BOSCH, BRUEGHEL voire GOYA en conduisant le spectateur dans un monde fait d’ambiances tout à la fois médiévales, futuristes et mystérieuses. Certes les atours riches y renvoient un lointain écho de la Renaissance. Pour autant ces bijoux et ces parures somptueuses trahissent une inspiration résolument moderne, sous des lignes que ne renieraient pas Black et Mortimer, Star Wars ou Game of Thrones. Au-delà du relief des tissus, des plis des drapés ou des coiffes vertigineuses,l’étrange et le secret irriguent chaque tableau.

Raffinement de coloriste, la mise en scène est surtout un prétexte. Tout repère chronologique et géographique disparaît derrière un fond généralement noir, fait pour souligner une comédie humaine campée avec sarcasme. Elle y déroule une procession de personnages surnaturels ou extravagants, à la prestance ambiguë. Les très longs doigts disent l’opulence, l’ostentation, l’érotisme d’une société qui privilégie l’apparence et le factice. Les bouches mutiques laissent les yeux parler et les regards avouent la concupiscence, l’intrigue et l’envie du pouvoir. L’artiste cache ainsi derrière l’énigme sa vision caustique contemporaine.

Née à Innsbruck, BENOIT BASSET quitte l’Autriche à 7 ans pour ne jamais vraiment se fixer : entre l’Algérie et les 4 coins de la France, son parcours aux racines multiples nourrit un imaginaire peu commun.      
Elle a fait des études de philosophie.           
Elle vit aujourd’hui en Auvergne.

L’artiste a présenté ses peintures dans de nombreuses galeries en France, en Belgique, en Suisse et en Chine. C’est la 4ème fois que la Galerie MAZNEL les accueille.

Elle travaille avec acharnement et minutie. N’utilisant pas de dessin préalable, elle se laisse guider par les représentations qu’elle a en tête. Le temps de séchage de l’huile impose de multiples sessions, entre lesquelles s’intercale la création de plusieurs autres toiles. Cette élaboration simultanée accouche de scènes qui semblent s’imbriquer, telles une sorte de manga.   
Mais au bord de la rivière toute proche une glycine impressionnante camoufle la maison de cette artiste chaleureuse ; et l’on n’imagine pas que dans ce cadre bucolique puisse naître une satire aussi incisive. 

PAINTER Andrew

Andrew PAINTER : un monde sens dessus dessous. Rien ne se passe comme prévu. L’absurde et le comique se côtoient. Les couleurs se confondent entre les choses et les êtres. Et nous voilà déboussolés, cherchant, dans l’environnement loufoque dans lequel nous sommes plongés, une valeur à laquelle se raccrocher.

Peintre philosophe, poète observant le monde comme il va, sans se questionner et surtout sans apporter de réponse, avec une tendresse non exempte d’ironie, Andrew PAINTER est un peintre qui ne veut entrer dans aucun mouvement artistique, aucune tendance.

Sa singularité nonchalante produit une œuvre complexe alliant retenue et humour, description acerbe de la société mais sans jugement et avec un parti pris d’optimisme.

L’artiste est toujours curieux de lieux d’exposition hors normes. S’il a été présent à une Biennale de Florence, on a aussi pu retrouver sa patte dans de très grands formats accrochés à la façade d’un magasin Galeries Lafayette, dans un décor du Festival de jazz de Nice, ou sur tous les murs d’une rue voisine au risque d’en bloquer complètement la circulation…

Andrew PAINTER, anticonformiste, n’aime pas dérouler un curriculum vitae et préfère laisser la parole à ses œuvres. Cet anglais a passé un an à Calcutta et voue une passion à l’Inde, où il voyage régulièrement : le décor de fond de certains tableaux en est parfois empreint.

Lorsqu’il s’installe en Anjou, où il vit toujours, il décide de se consacrer à l’enseignement et à la poésie. Poésie qui irrigue l’humour pince-sans-rire des titres à rallonge de ses toiles.

Mais des collectionneurs le pousseront à s’engager exclusivement pour la peinture. Il expose aujourd‘hui avec succès dans plusieurs galeries en France.

C’est la troisième fois que nous présentons ses œuvres.

JURGA

JURGA, ‘le bronze qui murmure à notre âme d’enfant’.

JURGA sculpte un moment suspendu, une émotion brute, un silence intérieur, en contrepoint à notre monde agité et bruyant.

Née en 1977 en Lituanie sous domination russe, dans un pays qui arrachera sa liberté en créant une chaîne humaine chantante, JURGA est une artiste engagée, pour la liberté, pour le climat, pour le vivant, pour la femme, pour la fraternité

Son originalité tient à son regard sur le monde, à la fois grave et léger, comme le Petit Prince de Saint-Exupéry. Son inspiration se réfère aux contes de fées, aux personnages de bande dessinée, aux films d’animation de son époque. Chez JURGA, les doudous sont vivants, les animaux sont nos compagnons, la lune est une amie.

Cet univers magique est exprimé avec dextérité par un travail de la terre qui ne s’encombre pas de détails mais insiste sur la posture et le regard. Le spectateur entre immédiatement en résonance avec le sujet, retrouvant lui-même son regard d’enfant.

JURGA ne se réfère pas à un modèle vivant mais puise dans l’imaginaire, l’observation, le vécu. Elle revendique un art hors des normes académiques mais ancré dans le réel.

Le bronze, fondu à la fonderie BARTHELEMY ART de Crest, est rehaussé de patines de couleur pour un aspect plus vivant.

JURGA a su fédérer autour d’elle, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, une foule d’admirateurs et d’admiratrices qui partagent sa vision du monde et sa conception d’un art populaire et porteur de sens.

Artiste permanente de la Galerie MAZNEL depuis son ouverture en 2012, JURGA a réalisé sa plus grande sculpture monumentale pour la ville de Saint-Valery-sur-Somme, à découvrir devant l’Entrepôt des sels.