DOUANE Eric

A chaque marée, à chaque coucher de soleil, les Ondes silencieuses d’Eric DOUANE
trouvent une nouvelle palette.

Les lumières et les lignes mouvantes que dessine la mer sur le sable proposent une trame
forte que saisit l’artiste dans ses contemplations.
Le trait d’horizon trace un repère immuable autour duquel l’eau et le ciel multiplient les
variations de couleurs, d’intensité et de profondeur : ce seront les bases du tableau.

Designer et peintre, Eric DOUANE a trouvé dans les spectacles changeants de la Baie de
Somme un prétexte à asseoir sa vocation. Il n’a pas tardé à s’affranchir du paysage pour
s’aventurer au-delà d’une ligne figurative.

Recadrée, épurée, l’œuvre reflètera non plus un paysage mais une perception chromatique.
Elle s’est mutée en abstraction à l’organisation géométrique et à la poésie intemporelle,
qu’ont magnifiée MANESSIER puis DERBYSHIRE, chacun avec sa sensibilité propre.

Diplômé des Beaux-Arts d’Angers, le peintre est un ancien élève de Jean-Pierre PINCEMIN,
dont il prolonge la recherche pour « rendre visible l’invisible ».
Il vit et travaille dans l’Oise.

DENIMAL

« J’ai toujours quelques difficultés à me situer moi-même dans un courant artistique. Mon humeur parfois facétieuse m’inclinerait à me définir comme sculpteur néo-académique à tendance singulière.  
J’aime relier ce que l’humain a de plus intime à une représentation parfois décalée si la nécessité s’en fait sentir, imprégnée en cela de mythes dont je ne suis pas toujours consciente. Partie d’une figuration relativement symbolique, prenant ses racines dans un imaginaire nourri de l’art de civilisations éloignées de la mienne, je me suis acheminée vers une représentation d’êtres charnels qu’on croirait connaître, si ce n’est que bien souvent la chimère les rejoint et donne un sentiment d’étrangeté.         
La maturité aidant, peut-être, je m’autorise à ne plus concevoir au préalable, à ne plus dessiner, à imaginer le moins possible. Je façonne mes créatures en me laissant guider par l’expression du visage, voire d’une bouche, qui émerge sous la pression de mes doigts.»

 Patricia DENIMAL a affiché très vite des goûts artistiques. A 5 ans elle apprend le piano, et elle sort du conservatoire à 20 ans avec un prix de musique de chambre. A 12 ans elle fonde sa 1ère troupe de théâtre. Pendant ce temps elle dessine partout, façonne des figurines avec la terre du jardin, qui se délitent dans le four de la cuisinière, et sculpte des morceaux de bougie sous son pupitre en classe.

Plus tard son choix d’étudier des langues qui n’existent plus l’entraîne jusqu’à une licence de lettres classiques. Mais elle connaît ses premières vraies expériences de céramique à 21 ans. Dès lors plus question de faire autre chose dans la vie que d’avoir les mains dans la glaise.
Elle deviendra une potière accomplie, mais reviendra finalement à la sculpture. Aujourd’hui ses œuvres sont présentes en Allemagne, Belgique, Corée du Sud, Danemark, Etats-Unis, France, Grèce, Pays-Bas, et Suisse.

Il s’agit d’un travail en creux « à la potière », c’est-à-dire en poussant la terre de l’intérieur, ce qui permet de mieux maîtriser les physionomies. L’expression qui en surgit inspirera le reste de l’œuvre.        
Une fois la sculpture séchée, elle est peinte avec des engobes, généralement de porcelaine, colorées d’oxydes métalliques, avant les cuissons.
L’artiste réalise également des bronzes.

Son atelier se situe dans le Gard, au milieu des chênes verts et des pins, d’où la vue s’étend jusqu’au Mont Ventoux.

POPOVA

Les peintures à l‘huile de Galya POPOVA sont exclusivement figuratives. Ses nombreux portraits de jeunes traduisent une ambiance paisible mais parfois énigmatique. Un décor limité apporte quelques éléments d’interprétation ; ils permettent d’inventer l’une des histoires que peut évoquer l’œuvre.
Pour chaque tableau l’artiste utilise une palette assez monochrome. Les nuances et les profondeurs en sont particulièrement subtiles. Elles concourent fortement à l’atmosphère qui se dégage de la composition et en signent la poésie de façon manifeste.

Galya POPOVA a toujours su qu’elle voulait être artiste. Née à Moscou en 1978, elle a fréquenté les écoles d’art dès son plus jeune âge. En faisant preuve d’aptitudes telles qu’à 6 ans elles lui ouvraient les portes d’un atelier pour adultes. Mais en Russie comme ailleurs le talent ne suffit pas pour faire vivre un peintre débutant.
En 1998, elle est diplômée de l’Institut d’Art Académique de Moscou pour l’option théâtre et décoration. Et en 2005 de l’Université de Service de Moscou pour les dessins de vêtements. Elle accumule alors un certain nombre d’emplois en tant qu’illustratrice pour des revues ou dessinatrice de mode, expériences dont les sujétions et les contraintes commerciales sont vécues comme des freins à sa sensibilité. 

La conception de costumes de ballet et la création de couvertures de livres vont lui donner son indépendance et elle peut commencer à exposer ses toiles en 2007. A Moscou d’abord, puis aussi en Italie, et bientôt aux Pays-Bas, au Danemark, en Belgique, à Taïwan, en Malaisie, et à Berlin pour une première exposition personnelle en Allemagne en 2016.
« Peindre, créer, sentir les couleurs, les formes, tout cela fait partie de moi, désormais je ne pourrais imaginer faire quoi que ce soit d’autre. » Elle est russe, elle est mariée à un poète italien avec lequel elle vit en Allemagne, ses peintures sont exposées en Malaisie, aux Pays-Bas, à Taïwan et, de nouveau, à Saint-Valery-sur- Somme pour la 3ème fois : qui a dit que l’art n’était pas mondial ?

MIJATOVIC

Les personnages d’Alexandre MIJATOVIC – tous des hommes sauf cas rarissime – disent la fragilité des hommes.  A vrai dire, ils ne disent même rien du tout : héros malgré eux, ils ne racontent pas d’histoire. Mais leurs mains loquaces accompagnent et appuient le geste.

Chacun possède sa propre identité sur le plateau d’un théâtre à la fois muet et assourdissant de mésaventures racontées par les corps.
La silhouette, le nez, l’ironie sont ceux de l’artiste. Les yeux sont clos, comme une invitation à l’introspection ou bien parce que l’attitude peut révéler au moins autant de l’âme que le regard : tristesse, humour, gravité, joie ou vague à l’âme.

Comme le danseur utilise tout son corps, ces sculptures ne sont pas des visages expressifs posés sur des bustes mais s’expriment de la tête aux pieds. Avec l’élégance de nous faire sourire de leurs désillusions, que des titres espiègles viennent relativiser.

“ Même lorsque les postures sont légères, il se dégage de chaque pièce une petite fêlure qui rend si attachant le petit homme sans cheveu et distrait mais qui nous fascine infiniment “ (Isabelle Narboni).

Alexandre MIJATOVIC vit en région parisienne.

C’est il y a près de 20 ans que cet ingénieur informaticien passionné de sculpture découvre et se fascine pour le travail de la terre cuite. Les distinctions vont s’enchaîner : prix Art & Matière 2008, prix Boesner des Artistes du Val de Marne 2009, prix de sculpture Saint Maurice 2011, grand prix Art Expo de Joinville le Pont 2011, prix de la Griffe Noire des Artistes du Val de Marne 2013, prix de sculpture Ballancourt 2013, prix de sculpture Mennecy 2015, prix Boesner des Artistes du Val de Marne 2016, Médaille de bronze des Artistes Français 2018, prix du meilleur sculpteur Villa Medicis 2022.

Collections particulières en France, Allemagne, Belgique, Etats Unis, Luxembourg, Suisse.
Terres en grès, bronzes fonderie PAUMELLE.
C’est la 4ème fois que les œuvres d’Alexandre MIJATOVIC sont présentées par la Galerie MAZNEL.

JUMEAU

Parmi les différentes techniques de la gravure, qui est un procédé d’impression que ce soit
« en creux » (burin, pointe sèche, eau forte et aquatintes) ou « en relief » (xylographie, linographie, gerflex…), la manière noire ou mezzotinto occupe une place à part.

Ce procédé difficile exige de préparer intégralement la plaque de cuivre, pour obtenir le fond uniformément noir de l’image, un noir profond qui est son apanage. Puis, avec quelque masochisme au regard de cet effort très laborieux, de polir méticuleusement certaines des zones gravées, afin de faire apparaître des gris et des blancs. En procédant ainsi, l’artiste suscite la lumière, laquelle viendra modeler voire presque sculpter son sujet.

Démarche originale, la manière noire se déroule donc du noir vers le blanc, alors que les autres techniques révèlent un sujet noir qui éclot sur un fond blanc.

En France, les graveurs de manière noire sont rares. Cette technique, inventée en Allemagne en 1642, a surtout été développée en Angleterre aux siècles suivants. Les Japonais gravent aussi en manière noire car elle correspond à une finesse de dessin détaillé qu’ils recherchent.

Manuel Jumeau résume son cursus de façon lapidaire : 20 ans d’apprentissage et 30 ans de pratique pour créer plus de 150 gravures. Diplômé d’une maîtrise en Arts plastiques sur cette technique, professeur d’arts plastiques de la Ville de Paris, il a reçu la médaille d’or des Artistes de la Ville de Paris en 2011 et la médaille d’honneur du Salon des artistes français en 2018.

L’artiste réside à Paris.
Se décrivant comme graveur de l’imaginaire, il assume avec passion les contraintes lourdes de sa technique car « rêver c’est vivre sans fatigue »…

DANSIN

Isabelle DANSIN privilégie le contact avec la nature, sa beauté, son silence. La cour de son atelier rassemble de multiples plantes et essences, qu’elle protège avec un soin permanent et qu’elle observe en y trouvant la source de nombre de ses inspirations.
L’arbre a longtemps été le sujet principal des recherches de l’artiste. Elle puise la base de son travail dans la forêt, les feuilles, les mouvements de la lumière et des saisons.
Puis c’est le retour au silence de l’atelier. A nouveau elle regarde, écoute ce qui se décante, un paysage intérieur émerge. « Peindre est pour moi un acte rituel. J’ai l’intuition d’un monde qui se révèle sous mes doigts, m’étonne. Le végétal s’impose. » A fleur de papier le dessin déploie sa ligne, la spirale d’une branche qui croît vers le ciel, la poésie d’une végétation légère aux couleurs naturelles.

Aux Arts Appliqués Duperré puis aux Arts Décoratifs à Paris, Isabelle DANSIN a étudié le textile, la laque, la peinture et l’art mural. Elle y a été particulièrement marquée par l’enseignement de Zao WOU-KI, illustrissime représentant de l’abstraction lyrique et lauréat entre autres du Prix Impérial de Peinture du Japon. Elle s’est également formée plus tard à la gravure.

L’artiste est une habituée des cimaises de la Galerie MAZNEL, où elle est exposée pour la 5ème fois. Cette présence reflète une évolution permanente de son art : tout en préservant la constance de son inspiration, elle sait réserver à son public la découverte successive de différents supports, gravure, estampe, collage, peinture.
Ses créations actuelles, en acrylique sur papier marouflé sur toile, proposent des harmonies subtiles et équilibrées ; les feuillages y dissimulent la faune mystérieuse de mythes oubliés.

Les œuvres d’Isabelle DANSIN sont exposées en permanence dans des galeries françaises. On les retrouve dans les collections du Ministère des Affaires Etrangères, et comme carton pour une tapisserie de la Manufacture nationale des Gobelins

BENOIT BASSET

Ses huiles revisitent BOSCH, BRUEGHEL voire GOYA en conduisant le spectateur dans un monde fait d’ambiances tout à la fois médiévales, futuristes et mystérieuses. Certes les atours riches y renvoient un lointain écho de la Renaissance. Pour autant ces bijoux et ces parures somptueuses trahissent une inspiration résolument moderne, sous des lignes que ne renieraient pas Black et Mortimer, Star Wars ou Game of Thrones. Au-delà du relief des tissus, des plis des drapés ou des coiffes vertigineuses,l’étrange et le secret irriguent chaque tableau.

Raffinement de coloriste, la mise en scène est surtout un prétexte. Tout repère chronologique et géographique disparaît derrière un fond généralement noir, fait pour souligner une comédie humaine campée avec sarcasme. Elle y déroule une procession de personnages surnaturels ou extravagants, à la prestance ambiguë. Les très longs doigts disent l’opulence, l’ostentation, l’érotisme d’une société qui privilégie l’apparence et le factice. Les bouches mutiques laissent les yeux parler et les regards avouent la concupiscence, l’intrigue et l’envie du pouvoir. L’artiste cache ainsi derrière l’énigme sa vision caustique contemporaine.

Née à Innsbruck, BENOIT BASSET quitte l’Autriche à 7 ans pour ne jamais vraiment se fixer : entre l’Algérie et les 4 coins de la France, son parcours aux racines multiples nourrit un imaginaire peu commun.      
Elle a fait des études de philosophie.           
Elle vit aujourd’hui en Auvergne.

L’artiste a présenté ses peintures dans de nombreuses galeries en France, en Belgique, en Suisse et en Chine. C’est la 4ème fois que la Galerie MAZNEL les accueille.

Elle travaille avec acharnement et minutie. N’utilisant pas de dessin préalable, elle se laisse guider par les représentations qu’elle a en tête. Le temps de séchage de l’huile impose de multiples sessions, entre lesquelles s’intercale la création de plusieurs autres toiles. Cette élaboration simultanée accouche de scènes qui semblent s’imbriquer, telles une sorte de manga.   
Mais au bord de la rivière toute proche une glycine impressionnante camoufle la maison de cette artiste chaleureuse ; et l’on n’imagine pas que dans ce cadre bucolique puisse naître une satire aussi incisive. 

JURGA

JURGA, ‘le bronze qui murmure à notre âme d’enfant’.

JURGA sculpte un moment suspendu, une émotion brute, un silence intérieur, en contrepoint à notre monde agité et bruyant.

Née en 1977 en Lituanie sous domination russe, dans un pays qui arrachera sa liberté en créant une chaîne humaine chantante, JURGA est une artiste engagée, pour la liberté, pour le climat, pour le vivant, pour la femme, pour la fraternité

Son originalité tient à son regard sur le monde, à la fois grave et léger, comme le Petit Prince de Saint-Exupéry. Son inspiration se réfère aux contes de fées, aux personnages de bande dessinée, aux films d’animation de son époque. Chez JURGA, les doudous sont vivants, les animaux sont nos compagnons, la lune est une amie.

Cet univers magique est exprimé avec dextérité par un travail de la terre qui ne s’encombre pas de détails mais insiste sur la posture et le regard. Le spectateur entre immédiatement en résonance avec le sujet, retrouvant lui-même son regard d’enfant.

JURGA ne se réfère pas à un modèle vivant mais puise dans l’imaginaire, l’observation, le vécu. Elle revendique un art hors des normes académiques mais ancré dans le réel.

Le bronze, fondu à la fonderie BARTHELEMY ART de Crest, est rehaussé de patines de couleur pour un aspect plus vivant.

JURGA a su fédérer autour d’elle, par l’intermédiaire des réseaux sociaux, une foule d’admirateurs et d’admiratrices qui partagent sa vision du monde et sa conception d’un art populaire et porteur de sens.

Artiste permanente de la Galerie MAZNEL depuis son ouverture en 2012, JURGA a réalisé sa plus grande sculpture monumentale pour la ville de Saint-Valery-sur-Somme, à découvrir devant l’Entrepôt des sels.